La tension remonte brutalement dans le nord de l’Éthiopie. Internet et les communications téléphoniques ont été fortement perturbés au Tigré ce 25 septembre, au moment où de nouveaux affrontements sont signalés dans et autour de la région. Plusieurs sources locales interrogées par des médias internationaux décrivent une dégradation rapide de la situation sécuritaire.
L’armée éthiopienne affirme avoir infligé d’importantes pertes à ses adversaires au cours des combats. Ces chiffres et ces évaluations doivent toutefois rester attribués aux autorités militaires : l’accès au terrain est limité et aucune vérification indépendante complète n’est disponible. Des responsables et sources proches du Tigré contestent par ailleurs certaines versions avancées par Addis-Abeba.
La question des communications ajoute une difficulté majeure. Des sources ont accusé les autorités tigréennes d’avoir demandé à des opérateurs de couper ou de restreindre leurs services, tandis que des interlocuteurs proches du Tigré ont rejeté cette accusation et mis en cause le gouvernement fédéral. Dans ce contexte, il est difficile d’établir précisément l’origine de chaque interruption.
L’escalade inquiète d’autant plus qu’elle réveille le souvenir de la guerre de 2020-2022, qui avait fait des centaines de milliers de morts selon diverses estimations et provoqué une crise humanitaire majeure. L’enjeu immédiat est désormais de savoir si les affrontements resteront localisés ou s’ils menacent l’accord politique qui avait permis de mettre fin à la précédente guerre ouverte.