Le débat sur l’avenir institutionnel de la CEDEAO revient au premier plan. Lors d’une session à Accra, plusieurs parlementaires ouest-africains ont demandé que le Parlement communautaire dispose de pouvoirs plus contraignants, estimant que son rôle principalement consultatif limite la traduction de ses recommandations en décisions effectives.
Les élus Ali Ndume et Awaji N. Abiante ont notamment relié cette question aux crises qui dépassent les frontières nationales : insécurité, déplacements de populations, changement climatique et migrations. Selon eux, une institution capable seulement d’émettre des avis dépend trop fortement des autres organes de la CEDEAO pour transformer ses positions en politiques communes.
Le débat pose cependant une question de souveraineté. Accorder un véritable pouvoir législatif régional supposerait de modifier les textes qui organisent la Communauté et de définir précisément les domaines dans lesquels les décisions du Parlement pourraient s’imposer aux États. Les gouvernements devraient donc accepter de transférer une part supplémentaire de compétence au niveau régional.
Les partisans d’une réforme y voient un moyen de renforcer le contrôle démocratique et l’obligation de rendre compte. Ses détracteurs potentiels peuvent au contraire craindre une nouvelle couche institutionnelle ou des conflits de compétence avec les parlements nationaux. À ce stade, il s’agit d’un débat politique porté par des parlementaires, pas d’une réforme déjà adoptée. La prochaine étape serait l’ouverture d’une négociation formelle entre les États membres sur le mandat de l’institution.