Japon : comment les subventions maintiennent l’essence autour de 170 yens

Publié le 26 septembre 2026 par Stedathe

Alors que les prix de l’énergie restent élevés, le Japon continue de soutenir directement le marché des carburants. L’Agence japonaise des ressources naturelles et de l’énergie a mis en place le 19 mars 2026 une mesure d’urgence destinée à atténuer l’impact de la hausse du pétrole. Le dispositif ne prend pas la forme d’un chèque envoyé aux automobilistes : l’aide est versée aux grossistes et importateurs afin qu’elle soit répercutée sur les prix de gros puis à la pompe.

Depuis le 17 septembre, le montant de référence atteint 51 yens par litre pour l’essence, le gazole, le kérosène et le fioul lourd. Pour le carburant aérien, l’aide est fixée à 40,8 yens par litre. Le mécanisme officiel est calibré pour empêcher que le prix moyen national de l’essence ne dépasse durablement un niveau proche de 170 yens le litre.

Les données publiées à la mi-septembre situaient effectivement le prix moyen autour de 169,9 yens. Converti en euros, ce niveau peut paraître très faible par rapport à plusieurs pays européens, mais les comparaisons internationales doivent être maniées avec prudence : elles dépendent du taux de change, de la fiscalité, de la qualité de carburant mesurée et de la date retenue. L’affirmation virale selon laquelle Tokyo aurait forcément « l’essence la moins chère du G7 » ne découle donc pas à elle seule du dispositif japonais.

La politique choisie par Tokyo illustre un arbitrage classique en période de choc énergétique. Les subventions limitent immédiatement la hausse supportée par les ménages et les entreprises, mais elles transfèrent une partie du coût vers les finances publiques. Le gouvernement doit ainsi décider combien de temps maintenir l’aide et à quel rythme la réduire lorsque les cours du pétrole se stabilisent. Le niveau de 51 yens montre qu’à la fin septembre, l’intervention reste encore très importante.