Un an après les manifestations qui ont contribué au basculement politique à Madagascar, une partie des jeunes mobilisés en 2025 exprime une profonde désillusion. Africanews rapporte les témoignages de militants de la génération Z qui disent se sentir « trahis » par l’évolution de la transition et par le rôle désormais central joué par les militaires.
Ces critiques ne signifient pas que l’ensemble de la jeunesse malgache partage la même lecture. Elles illustrent toutefois un décalage entre les attentes de certains manifestants — davantage de transparence, de renouvellement politique et de participation citoyenne — et la structure du pouvoir qui s’est installée après la chute de l’ancien gouvernement.
La transition est dirigée par le colonel Michael Randrianirina, devenu la figure centrale du nouveau régime. Des militants interrogés dénoncent notamment la place réduite accordée aux organisations qui avaient participé aux protestations et s’inquiètent de poursuites ou d’arrestations visant certains opposants. Les autorités, de leur côté, présentent la transition comme une phase nécessaire de stabilisation institutionnelle.
Le cas malgache montre la difficulté pour un mouvement de rue à conserver la maîtrise du processus politique une fois l’ancien ordre renversé. La question centrale n’est plus seulement celle du départ d’un gouvernement, mais celle des règles de la transition, du calendrier institutionnel et de la place réelle accordée aux groupes civils qui avaient porté la contestation.