Sanseito
Je passe sur la passerelle avec mon fils de cinq ans, devant trois membres d’un parti politique, qui hurlent dans des mégaphones. Il est quinze heures et personne ne s’arrête pour prendre les prospectus oranges tendus par les membres du parti.
Mon fils est fatigué, et nous allons nous assoir sur un banc pour prendre le gouter et attendre le bus. Le petit essaye de décoder les symboles japonais sur la banderole politique que l’on peut voir encore depuis le banc. Il lit a haute voix : « Nihonjin faasuto ». « Les japonais d’abord ». Il me demande ce que ça veut dire. Je lui explique juste que ce sont des gens qui veulent devenir les chefs du Japon. Et qu’ils demandent aux japonais de les choisir. Mais je m’arrête là. Rien ne sert de développer d’émotions négatives dès l’âge de cinq ans. Je repense au film de Benigni, La vie est belle. Être toujours positif est la meilleure façon de ne pas entrer dans le jeu des semeurs de discorde.
Le Sanseito est un nouveau parti qui a fait un score faible, mais significatif aux dernières élections japonaises. Leur programme, que l’on peut trouver sur internet, prévoit de :
- Developper une préférence nationale dans l’accès à l’éducation, et à l’acquisition de bien immobilier. Avec pour cible les « riches » chinois, qui envahiraient progressivement au Japon.
- Attribuer des aides sociales fortes pour les familles qui font des enfants.
- Développer les formations manuelles et artisanales pour relancer l’économie japonaise.
- Fixer les prix du marché pour que les Japonais puissent avoir l’assurance d’avoir un salaire stable, haut, et consommer des aliments produits localement, de qualité, et à prix intéressant.
Le parti est placé à droite de l’échiquier par les médias. Mais je ne vois dans ce mouvement rien d’autre que des revendications nationales socialistes.
Rémi Brun