Une déclaration de Paul Matiko Chacha, responsable national de l’organisation au sein du Chama Cha Mapinduzi, a ouvert une nouvelle controverse sur les rapports entre parti au pouvoir et institutions de sécurité en Tanzanie. Lors d’une réunion du CCM à Iringa le 26 septembre, Chacha a affirmé que les organes de défense et de sécurité « appartiennent » au parti. Ces propos sont les siens et ne constituent pas une déclaration officielle de l’État tanzanien.
La distinction est essentielle. La police, les forces armées et les services de sécurité sont des institutions de l’État et non des structures placées juridiquement sous la propriété d’un parti politique. The Chanzo rappelle qu’aucun parti ne dispose, au titre du cadre constitutionnel, d’un mandat lui attribuant les organes de sécurité. Le débat provoqué par Chacha porte précisément sur la frontière entre la domination politique historique du CCM et l’impartialité attendue des institutions publiques.
Les réactions ont été d’autant plus vives que la présidente Samia Suluhu Hassan, qui dirige également le CCM, avait publiquement appelé les forces armées à rester en dehors de la politique. Le ministre de l’Intérieur avait lui aussi défendu la séparation entre la police et les règles partisanes. Les propos de Chacha apparaissent donc en tension avec ces prises de position institutionnelles antérieures.
Des responsables de l’opposition ont saisi la controverse pour renouveler leurs accusations de proximité excessive entre l’appareil d’État et le parti au pouvoir. Ces critiques doivent elles aussi être présentées comme des positions politiques, et non comme la preuve en soi d’une subordination illégale. La question de fond est de savoir comment les institutions garantissent, dans leurs actes, leur neutralité envers les différentes formations politiques et les citoyens.
L’épisode pourrait rester un débat sur une formule prononcée lors d’une réunion partisane, ou conduire le CCM et les autorités à préciser publiquement leur lecture des rapports entre parti, gouvernement et organes de sécurité. En attendant, aucun élément ne permet de transformer la déclaration de Chacha en doctrine officielle. Ce qui est établi est qu’un haut responsable du parti a tenu ces propos et qu’ils ont suscité un désaccord national sur l’indépendance institutionnelle des forces de sécurité.