Cette année, nous y sommes retournés. Le souvenir mémorable - la claque magistrale infligée par Gontard - de la première édition et le malheureux rendez-vous raté - les Woodentops - de la seconde l’an passé ne pouvaient pas rester sans suite. Il a fallu choisir entre les deux soirées : Black Box Recorder ou Momus ? Ayant déjà vu Luke Haines il y a deux ans, on a donc misé sur l’inimitable Nick Currie. Arrivés juste à l’heure, 20h20 pétantes, nous découvrons l’anglais, en sarouel, tongues japonaises, perruque blonde posée (volontairement ?) de travers et retenue par l’élastique de qon cache-oeil. Il déambule le long de la petite scène du Supersonic Records, pas aussi mal fichue que dans mon souvenir. Derrière lui, des vidéos faites maison défilent, le show a été préparé en amont. Les paroles sont parfois affichées façon karaoké. La musique est en effet entièrement enregistrée. Les morceaux pas tous complets s’enchainent sans pause. Il faut dire que résumer quarante ans de carrière en une heure est une sacré gageure. On aurait évidemment aimé de vrais musiciens mais cela fait aussi partie du personnage. Les textes sont brillants. "Don’t call me a racist. I'll splash your face. I don’t care if you're purple or blue. But purple-blue should go back to their lands. There's no place in Greyland for you." dit-il en référence à l’époque au Brexit et aujourd’hui à la politique du RN. Comme lui, nous n’aimons pas les gens gris et le pays qui va avec. Un concert de Momus n’est pas gris - à part ses fringues.
On repart ensuite en même temps que Momus et ses baluchons, en métro. Il habite aussi Paris mais ne prend pas la même ligne que nous. Son look n’a l’air de surprendre personne. Drôle d’énergumène. Discret, barré et talentueux à la fois. Comme tout le monde depuis 40 ans, nous gardons ce secret honteusement pour nous. Une autre revue du concert avec quelques photos en prime sont visibles sur ce blog ami.