Long week-end (Labor Day)
Auteur : Joyce Maynard
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain
Éditions : Philippe Rey (6 Juin 2019)
ISBN : 978-2848767482
290 pages
Quatrième de couverture
Cette année 1987, une chaleur caniculaire s'abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day. Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s'améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles. Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l'est pas. Encore jeune et jolie, Adele vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu'en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial. Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s'impose à Henry : Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre...Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se révélant un peu plus au fil des heures.
Mon avis
Joyce Maynard est une autrice que j’apprécie. Elle a une bonne capacité à analyser les émotions, les sentiments et à les décrire avec des mots justes. Ses phrases ne sont ni trop courtes, ni trop longues, tout est subtilement dosé.
Les parents d’Henry, treize ans, sont séparés. Il vit principalement avec sa mère, Adele. Son père a continué sa vie avec une femme et deux enfants, il voit chaque semaine son fils pour un repas.
Henry et sa maman vivent isolés, ils ont peu de relations. Elle a des difficultés à sortir de chez eux, comme si c’était le seul endroit où elle se sent en sécurité.
« Ma mère était une plante qu’on n’avait pas arrosée depuis longtemps. »
Et puis, un jour, alors qu’ils font quelques courses, une rencontre improbable a lieu. Frank, un prisonnier évadé, s’impose dans leur vie, dans leur logis. C’est le week-end du Labor Day et pendant quelques jours, ils vont cohabiter. La présence d’un homme va influencer la relation mère-fils. Henry « grandit », s’affranchit. Il s’est toujours senti responsable du bonheur de sa mère et il peut prendre un peu de recul. Quelle est et quelle doit être la place de chacun ?
L’écriture (merci au traducteur) est pour moi sensible et délicate. Les tourments du jeune adolescent sont bien exprimés, le début de l’évolution de sa personnalité également. Frank leur offre un autre regard.
Les thèmes abordés sont les relations en famille, en société, avec des amis, les « codes » et ce qu’on attend des autres, le rôle de la justice, l’écoute de ceux qui sont coupables, la résilience.
Ce n’est pas traité dans les détails mais c’est suffisant, l’histoire se tient.
Je suis heureuse d’avoir lu un autre titre de Joyce Maynard, même si ce n’est pas mon préféré.