Les adolescents et jeunes adultes atteints de cancer, âgés de 15 à 39 ans, ont des besoins spécifiques liés aux perturbations de leur développement, à un risque accru d’anxiété et de dépression et à des enjeux particuliers comme la fertilité et la santé sexuelle, que les cliniciens doivent intégrer dans leur prise en charge. C’est le rappel de cette équipe d’oncologues et de psychologues de l’Université de Calgary (Alberta, Canada), qui publient, dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) les principes prioritaires d’une prise en charge clinique adaptée, à ce groupe spécifique de jeunes patients.
Le cancer chez les adolescents et jeunes adultes survient à une période de développement critique, marquée par des transitions majeures, dont l’entrée dans la vie adulte, la construction de l’identité, des projets sociaux et familiaux, que la maladie peut interrompre brutalement. Ce groupe de population se distingue des enfants et des adultes plus âgés par ses besoins spécifiques, souvent insuffisamment pris en compte dans des systèmes de soins organisés autour de l’oncologie pédiatrique ou adulte.
Cet article pratique vise à fournir aux cliniciens un cadre de référence accessible pour améliorer la qualité des soins oncologiques, apportés à ce groupe de patients.
L’un des auteurs principaux, Perri Tutelman, psychologue clinicienne et professeur à l’Université de Calgary, déclare :« Les adolescents et jeunes adultes diagnostiqués d’un cancer subissent bien plus qu’un diagnostic ; ils gèrent souvent des transitions de vie cruciales, dans le même temps. Les oncologues peuvent alors faire la différence en délivrant des soins qui répondent à leurs besoins, à leurs priorités et aux identités uniques de chaque patient, adaptés à leur stade de développement ».
Une synthèse des recommandations pratiques de prise en charge des adolescents atteints de cancer :
- le cancer perturbe les étapes de développement de cette tranche d’âge et les cliniciens devraient aborder proactivement la fertilité, la santé sexuelle et la planification des soins anticipés associés à ces problématiques ;
- les adolescents et jeunes adultes sont particulièrement à risque d’anxiété et de dépression, ce qui justifie un dépistage régulier et un soutien, des orientations spécifiques et, si pertinent, un traitement médicamenteux approprié ;
- l’utilisation d’un langage centré sur le patient, qui évite les termes minimisant l’impact du diagnostic et s’adapte au langage du patient, est recommandée ;
- la plupart de ces patients vivant 50 à 60 ans après le traitement initial : un suivi à long terme et multidisciplinaire avec des spécialistes est nécessaire, incluant la surveillance des impacts physiques à long terme et du risque de récidive ;
- enfin, les identités intersectionnelles de ces patients, au-delà de l’âge, méritent toute l’attention des oncologues.
Quelles implications ? Ces recommandations pratiques plaident pour
une approche de soins à la fois holistique et individualisée, adaptée au développement et sensible à l’identité de chaque jeune patient atteint de cancer.
Les auteurs notent également que ce groupe de patients, à mi-chemin entre l’enfance et l’âge adulte n’est que rarement représenté dans les essais cliniques. L’intégration systématique du dépistage de la santé mentale et de
la discussion des souhaits en termes de conception, dès le diagnostic constitue également une priorité clinique à ne pas occulter.
Source: Canadian Medical Association Journal (CMAJ) June 22, 2026 DOI: 10.1503/cmaj.260027 Adolescents and young adults living with and beyond cancer
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