Les derniers militaires américains encore déployés en Irak ont quitté le pays mercredi 30 septembre, conformément à l’accord de retrait conclu entre Washington et Bagdad. Les derniers contingents sont partis d’une base située à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan. Le Pentagone présente ce départ comme la fin de la mission militaire engagée depuis 2014 contre l’organisation État islamique.
Le retrait intervient 23 ans après l’invasion américaine de 2003 qui avait renversé Saddam Hussein, mais la présence militaire n’a pas été continue durant toute cette période. Les États-Unis avaient retiré leurs forces en 2011 avant de revenir en 2014 lorsque l’État islamique avait conquis de vastes territoires en Irak et en Syrie. La coalition internationale a ensuite soutenu les forces irakiennes jusqu’à la disparition du « califat » territorial du groupe djihadiste.
Washington affirme que la fin de la mission ne signifie pas la rupture de la coopération sécuritaire. Les États-Unis prévoient de conserver des formes de soutien ciblé, notamment en matière de renseignement et de formation. Le gouvernement irakien assure de son côté que ses forces sont désormais en mesure d’assumer la lutte contre les cellules restantes de l’État islamique. Le Premier ministre Ali al-Zaidi a présenté le retrait comme une nouvelle étape de souveraineté, tout en reconnaissant que la menace terroriste n’a pas disparu.
La question la plus sensible concerne l’équilibre intérieur irakien. Des responsables kurdes et des analystes redoutent que le départ américain laisse davantage d’espace aux milices soutenues par l’Iran ou facilite une reconstitution de réseaux de l’État islamique. Ces risques restent des scénarios, pas des conséquences déjà observées du retrait. Bagdad devra désormais gérer directement la sécurité du territoire tout en arbitrant ses relations avec Washington, Téhéran et les groupes armés présents dans le pays.
Le retrait clôt donc une mission militaire mais pas l’ensemble des liens de sécurité entre les deux pays. La capacité des forces irakiennes à contenir simultanément les cellules djihadistes et les groupes armés autonomes sera l’un des principaux tests de la période qui s’ouvre.