Dette publique : la France atteint 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB

Publié le 01 octobre 2026 par Stedathe

La dette publique française a franchi un nouveau seuil au deuxième trimestre 2026. Selon l’Insee, l’encours de dette au sens de Maastricht atteignait 3 595,5 milliards d’euros à la fin juin, soit 119,0 % du produit intérieur brut. Le ratio était encore de 117,5 % trois mois plus tôt. En un trimestre, la dette brute des administrations publiques a donc augmenté de 59,6 milliards d’euros, après une hausse de 75,8 milliards au premier trimestre.

La progression provient principalement de l’État. Sa contribution à la dette publique a augmenté de 53 milliards d’euros sur le trimestre, portée notamment par les émissions de titres négociables de long et de court terme. Les administrations de sécurité sociale ont également davantage emprunté, tandis que la dette des administrations publiques locales a légèrement diminué. L’Insee précise par ailleurs que la dette nette, qui retranche certains actifs financiers détenus par les administrations, s’établit à 3 366,8 milliards d’euros, soit 111,4 % du PIB.

Le niveau de 119 % replace la France dans une zone rarement observée dans son histoire contemporaine. Plusieurs séries historiques situent un ratio comparable dans l’immédiat après-guerre. La comparaison avec 1946 doit toutefois être maniée avec méthode : les définitions statistiques, le périmètre des administrations publiques et la structure de l’économie ne sont pas identiques à ceux d’aujourd’hui. Le chiffre publié cette semaine reste néanmoins un record pour les séries modernes suivies dans le cadre européen et dépasse le sommet atteint pendant la crise sanitaire.

La question centrale n’est pas seulement le montant nominal de la dette, mais son évolution par rapport à la richesse produite et le coût de son financement. Une dette plus élevée devient plus sensible lorsque les taux d’intérêt progressent, car les nouvelles émissions et le refinancement des titres arrivant à échéance pèsent davantage sur le budget. À l’inverse, une croissance nominale forte peut ralentir la hausse du ratio dette/PIB même lorsque l’encours continue d’augmenter.

L’Insee rappelle enfin que la variation trimestrielle de la dette ne se confond pas avec le déficit public : les opérations de trésorerie et certains actifs ou passifs modifient l’encours sans correspondre directement au solde budgétaire. La prochaine estimation trimestrielle de la dette française est annoncée pour le 18 décembre 2026.