Haïti connaît une nouvelle hausse des enlèvements au moment où les autorités cherchent à préparer des élections nationales. Selon des données des Nations unies rapportées par l’Associated Press, au moins 81 personnes ont été enlevées entre avril et juin 2026, soit une augmentation de 42 % par rapport au premier trimestre.
Les gangs visent aussi bien des particuliers que des responsables publics ou des personnes capables de payer d’importantes rançons. Certaines opérations sont menées avec de faux uniformes ou du matériel ressemblant à celui des forces de sécurité. Une part des enlèvements n’est pas signalée, les familles préférant parfois négocier directement.
Cette reprise complique la préparation du scrutin. Organiser une campagne, déplacer du matériel électoral et permettre aux électeurs de se rendre aux bureaux de vote devient plus difficile dans les zones où les gangs contrôlent les routes ou exercent une influence territoriale.
Le nombre de 81 enlèvements ne résume pas toute l’insécurité haïtienne, mais il montre une tendance préoccupante. La crédibilité d’une élection suppose aussi que candidats, agents électoraux et électeurs puissent circuler sans subir la menace de groupes armés.
Les enlèvements ont également un impact économique direct : entreprises, commerces et familles modifient leurs déplacements, renforcent leur sécurité ou quittent certaines zones. Dans ce contexte, l’organisation des élections dépendra autant de la capacité à sécuriser les centres urbains que des règles électorales elles-mêmes. Les chiffres officiels pourraient sous-estimer le phénomène, puisque certaines familles ne signalent pas les enlèvements aux autorités.