Espagne : le Congrès rejette le décret d’urgence de Pedro Sánchez sur le logement

Publié le 03 octobre 2026 par Stedathe

Le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez a subi un revers parlementaire jeudi 2 octobre avec le rejet de son décret d’urgence consacré au logement. Le texte n’a pas obtenu la majorité au Congrès des députés : 178 des 350 élus ont voté contre. Le résultat est notamment lié au retrait du soutien de Junts, parti catalan dont les voix sont régulièrement décisives pour la coalition minoritaire au pouvoir.

Le décret prévoyait plusieurs mesures destinées à renforcer la protection des locataires et à répondre à la hausse des tensions sur le marché immobilier. Parmi les dispositions figurait un encadrement accru de certaines procédures d’expulsion et des mécanismes d’intervention dans un secteur marqué par la hausse des loyers dans plusieurs grandes villes. Le rejet parlementaire empêche ces mesures de rester en vigueur sous la forme proposée par l’exécutif.

Pour Pedro Sánchez, ce vote illustre une nouvelle fois la fragilité arithmétique de sa majorité. Le gouvernement dépend de formations aux priorités différentes et doit négocier texte par texte. Junts a retiré son soutien au décret, ajoutant un obstacle à une politique du logement déjà très contestée à la fois par des associations de locataires, des propriétaires et les partis d’opposition. Le débat sur l’offre disponible, les loyers et les expulsions reste donc ouvert.

L’exécutif peut désormais préparer un nouveau texte, rechercher un compromis parlementaire différent ou tenter de reprendre certaines mesures dans d’autres projets de loi. Aucune de ces options n’est automatique. Le vote du 2 octobre produit un résultat précis : le décret présenté par le gouvernement n’a pas obtenu l’appui nécessaire au Congrès, sans mettre fin pour autant au débat politique sur la crise du logement en Espagne.

Le revers intervient alors que le logement est devenu un sujet de mobilisation sociale dans plusieurs villes espagnoles. Le gouvernement conserve la possibilité de négocier des dispositions plus limitées ou de reprendre certaines mesures séparément, mais toute nouvelle initiative devra de nouveau réunir une majorité parlementaire suffisante.