Libye : les accusations visant Saddam Haftar fragilisent le projet d’unification soutenu par Washington

Publié le 07 octobre 2026 par Stedathe

Les efforts visant à rapprocher les autorités rivales de Libye se heurtent à une nouvelle crise. Des responsables du gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli affirment qu’il est désormais difficile, voire impossible, de poursuivre une coopération politique avec Saddam Haftar, fils de Khalifa Haftar et haut responsable de l’Armée nationale libyenne. Cette rupture de confiance est liée à une enquête sur des attaques de drones contre des installations énergétiques dans l’ouest du pays.

Quatre personnes ont été arrêtées après des attaques ayant notamment provoqué un incendie sur le site pétrolier de Zawiya. Selon les informations rapportées par The Guardian, trois suspects auraient été reliés à Saddam Haftar. Il s’agit d’accusations et de liens rapportés par les autorités ou sources citées ; ils ne doivent pas être présentés comme une condamnation judiciaire de Saddam Haftar ni comme la preuve qu’il aurait personnellement ordonné les frappes.

Le dossier est politiquement explosif parce que Washington cherchait à encourager un arrangement entre les camps de l’Est et de l’Ouest. Le conseiller américain Massad Boulos avait soutenu une formule destinée à rapprocher les institutions et à ouvrir la voie à un cadre politique commun. Saddam Haftar était devenu un interlocuteur important de cette stratégie, ce qui rend les accusations actuelles particulièrement dommageables pour un processus déjà fragile.

La Libye reste divisée depuis la chute de Mouammar Kadhafi, avec des administrations, forces armées et réseaux économiques concurrents. Les attaques contre les infrastructures énergétiques ont aussi un impact direct sur les coupures d’électricité et sur la colère de la population. Si les accusations sont confirmées, elles pourraient rendre toute architecture d’unification beaucoup plus difficile. À court terme, elles ont déjà suffi à faire reculer la confiance entre les camps qui devaient participer au rapprochement.