INFERTILITÉ : Ses biomarqueurs identifiés par la métabolomique spermatique

Publié le 07 octobre 2026 par Santelog @santelog

Une méthodologie optimisée de métabolomique (étude des métabolites) et lipidomique (étude de la composition lipidique) permet pour la première fois d’identifier 955 métabolites et 473 lipides dans les spermatozoïdes, constituant des biomarqueurs diagnostiques de l’infertilité masculine. Cette équipe d’experts du groupe Human Reproduction de l’University of the Basque Country (EHU, Bilbao, Espagne), présente ainsi, dans la revue Cells, une plateforme d’analyse du sperme, permettant le diagnostic et le pronostic de l’infertilité masculine.

L’infertilité affecte environ 17,5 % de la population mondiale,

avec près de la moitié des cas liés à des facteurs masculins. Concernant l’infertilité masculine, le spermogramme standard mesure le volume, la concentration, la motilité et évalue la morphologie des spermatozoïdes, cependant des valeurs normales ne garantissent pas la fertilité.

La plupart des recherches en métabolomique de la fertilité masculine ont porté sur le plasma séminal et non sur les spermatozoïdes eux-mêmes, dont la faible concentration dans certains échantillons pouvait poser un biais méthodologique.

L’un des auteurs principaux, Irune Calzado, chercheur en reproduction humaine à l’EHU, rappelle : « le spermogramme manque de capacités diagnostiques et pronostiques. Avoir des valeurs normales ne signifie pas fertilité. En analysant les métabolites, on peut découvrir si une voie métabolique est altérée. Notre vue d’ensemble des métabolites spermatiques ouvre la voie à un meilleur pronostic, un meilleur diagnostic et un traitement mieux personnalisé ».

L’étude utilise la méthodologie de sonication à haute fréquence développée à l’Université, qui permet de briser les spermatozoïdes et d’en extraire les métabolites, puis après avoir déterminé la quantité minimale de spermatozoïdes nécessaire pour obtenir des résultats fiables, a cartographié l’ensemble du métabolome et du lipidome spermatique par spectrométrie de masse. Ces travaux révèlent que :

Cette nouvelle technique permet de briser efficacement les spermatozoïdes de manière à pouvoir en extraire les métabolites ;

  • un échantillon de 1,25 million de spermatozoïdes constitue la quantité minimale permettant d’obtenir des résultats fiables, permettant l’analyse même dans des échantillons à faible concentration spermatique ;
  • 955 métabolites et 473 lipides sont identifiés pour la première fois dans les spermatozoïdes, ce qui constitue la cartographie la plus complète à ce jour du métabolome et du lipidome du sperme humain ;
  • cette plateforme établit une base de référence pour explorer les altérations spécifiques de ces métabolites dans chaque trouble de l’infertilité masculine ;
  • enfin, des altérations spécifiques de certains lipides ou protéines seront probablement identifiées dans les différents types spécifiques d’infertilité lors de prochaines études.

Quelles implications ? Cette plateforme analytique robuste constitue la première étape indispensable vers le développement de biomarqueurs diagnostiques de l’infertilité masculine, permettant donc, en pratique, d’identifier les causes moléculaires d’infertilité inexpliquée et d’orienter les traitements.

Source: Cells June 25, 2026 DOI : 10.3390/cells15070649 Lipidomic and Metabolomic Profiling on Low-Count Human Spermatozoa: A Robust and Reproducible Method for Untargeted HPLC-ESI-MS/MS-Based Approach

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Équipe de rédaction Santélog Oct 7, 2026Admin