La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a dénoncé le 5 octobre une augmentation des attaques hybrides, des tentatives de sabotage et des violations d’espace aérien qu’elle attribue à la Russie. S’exprimant à Bruxelles aux côtés du Premier ministre moldave Vasile Tofan, elle a estimé que ces actions mettaient directement des vies en danger en Europe.
Kallas a notamment cité de nouvelles incursions de missiles et de drones russes dans l’espace aérien moldave au cours du week-end. La Moldavie se trouve à proximité immédiate de l’Ukraine et a déjà signalé à plusieurs reprises des passages de drones ou de débris liés aux frappes russes. Pour l’Union européenne, ces incidents alimentent un débat plus large sur la protection des frontières, des infrastructures critiques et des réseaux numériques.
Le terme d’« attaque hybride » recouvre plusieurs types d’actions pouvant rester sous le seuil d’une confrontation militaire ouverte : opérations cyber, sabotage, drones, désinformation ou pressions contre des infrastructures. Des responsables allemands et européens ont également accusé Moscou d’être à l’origine de certaines opérations de ce type. La Russie a, de son côté, rejeté à plusieurs reprises des accusations occidentales concernant des campagnes de sabotage et d’ingérence.
Les déclarations de Kallas ne constituent donc pas une décision judiciaire attribuant chaque incident à Moscou, mais la position politique exprimée par la haute représentante de l’UE à partir des informations disponibles aux gouvernements européens. Elles confirment en revanche que la sécurité hybride est désormais traitée comme un dossier majeur de la relation entre l’Union européenne et la Russie, parallèlement à la guerre en Ukraine.