Marine Le Pen a fixé un calendrier précis pour la réduction du déficit public français dans le programme budgétaire présenté le 6 octobre. La trajectoire annoncée prévoit de ramener le déficit sous la barre de 3 % du produit intérieur brut en 2030, puis sous 2,5 % en 2032. Cette précision est importante : l’objectif de 2,5 % n’est pas annoncé pour le début du mandat mais pour la fin de la période couverte par son plan.
Pour atteindre ces cibles, la candidate du Rassemblement national associe un vaste programme d’économies à des baisses d’impôts. Reuters chiffre les réductions de dépenses annoncées à 140 milliards d’euros d’ici 2032, tandis qu’au moins 30 milliards d’allègements fiscaux sont également prévus. Marine Le Pen veut aussi faire passer la dépense publique sous 50 % du PIB et ramener la dette autour de 112 % du PIB à l’horizon 2032.
La difficulté principale réside dans l’écart entre les objectifs affichés et les décisions qu’il faudrait adopter pour les atteindre. Une partie des économies dépendrait de réformes de l’État, de changements dans les politiques migratoires, d’une moindre contribution au budget européen et d’autres arbitrages politiquement sensibles. Leur rendement réel serait également influencé par la croissance, les taux d’intérêt et le comportement des recettes fiscales.
La trajectoire sera particulièrement surveillée car la France subit déjà une forte pression sur le marché obligataire. La hausse des rendements augmente le coût du service de la dette et réduit les marges de manœuvre budgétaires. Le programme de Marine Le Pen cherche à répondre à cette inquiétude par des cibles pluriannuelles, mais celles-ci resteront théoriques tant que les mesures détaillées, leur calendrier législatif et leurs effets macroéconomiques n’auront pas été confrontés à l’exécution budgétaire.