L’expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, de son logement madrilène a transformé une crise sociale déjà ancienne en enjeu politique immédiat. Son cas a suscité des rassemblements de soutien et une forte couverture médiatique au moment où l’Espagne se dirige vers des élections anticipées. Pour le gouvernement comme pour l’opposition, il devient difficile d’aborder la campagne sans répondre directement à l’explosion des loyers et aux difficultés d’accès à la propriété.
Le cas de cette octogénaire fonctionne comme un symbole parce qu’il met un visage sur des données qui inquiètent depuis plusieurs années. Dans les grandes villes et les zones touristiques, les prix ont progressé plus vite que les revenus, tandis que le parc de logements sociaux reste très réduit. Les jeunes adultes sont particulièrement touchés, une part importante d’entre eux continuant à vivre chez leurs parents ou à dépendre financièrement de leur famille.
Pedro Sánchez entend faire du logement l’un des axes de la campagne, en défendant davantage de construction, de logement abordable et de régulation. Ses adversaires l’accusent au contraire de ne pas avoir corrigé le déséquilibre entre l’offre et la demande malgré plusieurs années au pouvoir. Les expulsions, les locations touristiques, les plafonds de loyers et la fiscalité immobilière devraient donc occuper une place importante dans les débats.
Au-delà de l’émotion provoquée par l’affaire Abascal, le scrutin va confronter les partis à une question très concrète : comment augmenter rapidement l’offre sans exclure davantage les ménages modestes. La campagne espagnole s’ouvre ainsi sur un thème capable de mobiliser à la fois les locataires, les propriétaires, les jeunes actifs et les retraités.