Le Grand Verrouillage : comment la Macronie a bétonné la République pour survivre à 2027 (18 institutions, 24 nominations, et une démocratie sous perfusion)
🔥Introduction
En 2017, Emmanuel Macron promettait une « République exemplaire » et la fin de la « politique des copains ». Neuf ans plus tard, le constat est vertigineux : le bloc présidentiel a méthodiquement infiltré, verrouillé, bétonné pas moins de dix-huit institutions clés de la Ve République. Pas par un coup d'État militaire – trop grossier. Mais par un coup d'État administratif, parfaitement légal, minutieusement planifié, et d'une efficacité redoutable.
Objectif : rendre l'alternance ingouvernable. Comment ? En plaçant des fidèles à des postes non révocables par le prochain président, dans des autorités « indépendantes » dont les mandats s'étendent bien au-delà de 2027 – parfois jusqu'en 2053
Bienvenue dans l'ère de l'État profond à la Française, où la démocratie se joue désormais dans les décrets de nomination plutôt que dans les urnes.
📊 Le Contexte : la panique de 2024, la méthode de 2026
La Cinquième République concentre des pouvoirs exorbitants entre les mains du président. Mais elle prévoit aussi l'alternance. Sauf que voilà – à l'été 2024, après la dissolution de l'Assemblée et la débâcle législative, l'Élysée a compris que 2027 pouvait signifier la fin du règne macroniste. Alors, plutôt que d'accepter le risque démocratique, le pouvoir a choisi la stratégie du verrouillage
Le mécanisme est simple et vicieux : l'article 13 de la Constitution. Pour bloquer une nomination présidentielle à la tête d'une autorité indépendante (Conseil constitutionnel, Banque de France, Cour des comptes, Arcom, etc.), l'opposition doit réunir une majorité des 3/5e dans les commissions compétentes de l'Assemblée et du Sénat.
Autrement dit : il faut une coalition de tous les opposants. Mission quasi impossible quand le Rassemblement National, par calcul politique cynique, s'abstient stratégiquement pour faire passer le candidat macroniste… à une voix près.
Résultat : des hommes et des femmes nommés pour des mandats de 6, 9, voire 27 ans (oui, vous avez bien lu : jusqu'en 2053 pour Amélie de Montchalin), qui pourront bloquer, censurer, ou saboter la politique d'un gouvernement élu démocratiquement en 2027.
⚖️ Le Débat : six actes d'un verrouillage total
Acte 1 : le Conseil constitutionnel, la citadelle Ferrand (février 2025 – mars 2026)
L'institution la plus emblématique de ce verrouillage est le Conseil constitutionnel, ce « Sénat de la République » qui censure les lois et valide les élections.
Les faits avérés :
Février 2025 : Emmanuel Macron propose Richard Ferrand – ancien ministre démissionnaire en 2017 dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne (55 000 € de subventions publiques pour rénover des locaux appartenant à sa compagne) – comme président du Conseil constitutionnel, succédant à Laurent Fabius.
Le vote des commissions des lois est serré : 58 voix contre, 39 pour. Il manque une seule voix pour atteindre les 3/5e nécessaires au blocage. Miracle : les députés du Rassemblement national s'abstiennent collectivement, réduisant artificiellement le nombre de votants et sauvant la candidature Ferrand.
8 mars 2025 : Ferrand prend ses fonctions pour 9 ans. À ses côtés siège Véronique Malbec, nommée en février 2022 par Ferrand lui-même (alors président de l'Assemblée). Malbec était procureure générale de Rennes en 2017, autorité hiérarchique sur le procureur de Brest qui avait classé sans suite l'affaire Ferrand. Un échange de bons procédés qui sent le copinage d'État.
Mars 2026 : dès son arrivée, Ferrand entre en conflit avec Aurélie Bretonneau, secrétaire générale de l'institution – haute magistrate respectée, connue pour son intégrité et sa défense rigoureuse de l'État de droit. Le 23 mars 2026, Bretonneau est limogée pour « divergences de vues sur la conduite de l'institution » (selon Politico et Le Parisien). Officiellement, une « incompatibilité d'humeur ».
Officieusement, un signal envoyé à la magistrature : l'orthodoxie politique prime sur le droit.
L'analyse : le Conseil constitutionnel, censé être l'arbitre neutre au-dessus des partis, devient une citadelle partisane. Ferrand, sans licence de droit (deux ans d'études seulement), présidera l'institution qui jugera – entre autres – de l'inéligibilité de Marine Le Pen. Coïncidence gênante ?
Acte 2 : la Cour des comptes, le juge el la partie (février 2026)
11 février 2026 : Emmanuel Macron nomme Amélie de Montchalin, alors ministre de l'Action et des Comptes publics (elle a voté les budgets 2025 et 2026), comme Première présidente de la Cour des comptes
23 février 2026 : elle prend ses fonctions, succédant à Pierre Moscovici, retraite anticipée (!) parti à la Cour des comptes européenne le 1er janvier 2026.
Le scandale : Montchalin, 40 ans, est nommée pour un mandat irrévocable jusqu'à l'âge de 68 ans – soit potentiellement jusqu'en 2053 (27 ans). Elle sera chargée de contrôler la régularité des comptes publics… dont elle a elle-même préparé les budgets six mois auparavant. Le Conseil d'État a rejeté un recours d'Anticor pour « défaut d'intérêt à agir » – comprenez : vous, citoyen, ne pouvez pas contester une nomination qui vous scandalise si vous ne prouvez pas que cela vous touche personnellement !
L'analyse : C'est le juge et la partie. La Cour des comptes, qui produit des rapports au pouvoir de nuisance médiatique considérable, est désormais verrouillée par une fidèle du régime pour les 27 prochaines années.
Acte 3 : la Banque de France, le bras armé monétaire (mai 2026)
27 mai 2026 : Emmanuel Macron nomme Emmanuel Moulin, secrétaire général de l'Élysée (son bras droit opérationnel), comme gouverneur de la Banque de France
2 juin 2026 : Moulin prend ses fonctions pour six ans, succédant à François Villeroy de Galhau, qui démissionne avant la fin de son mandat (prévu jusqu'en 2027).
Le parcours : Moulin est passé du cabinet de Christine Lagarde à Bercy (2012-2017) au directeur du Trésor (2020), puis directeur de cabinet de Gabriel Attal (2024), avant d'être secrétaire général de l'Élysée (avril 2025-mai 2026). Un enchaînement sans temps mort entre les postes politiques et la banque centrale.
L'obstruction potentielle : en cas d'élection d'un président opposé en 2027, un gouverneur hostile pourrait entraver un programme de rupture sociale : alerte publique sur des risques systémiques pour affoler les marchés, durcissement des conditions de crédit, pression financière coordonnée avec Bruxelles.
L'Assemblée nationale a rejeté cette nomination par 46 voix contre 25, mais le Sénat (majorité de droite) l'a validée par 27 voix contre 12, permettant de contourner le veto parlementaire grâce à la règle des 3/5e.
Acte 4 : le Conseil d'État, juge suprême verrouillé (mai 2026)
6 mai 2026 : Marc Guillaume, ancien préfet de la région Île-de-France, est nommé vice-président du Conseil d'État (poste qui exerce la réalité du pouvoir, le président étant une figure honorifique).
Le parcours : Guillaume a été secrétaire général du gouvernement (2015-2020) sous Macron, a supervisé la production législative du quinquennat, et a été accusé de réflexions sexistes envers ses collaboratrices à l'Élysée (affaire révélée en 2020). Nommé préfet d'Île-de-France pour l'éloigner, il revient en grâce.
L'enjeu : le Conseil d'État est à la fois conseiller juridique du gouvernement (qui valide ou censure les projets de loi) et juge administratif suprême (qui annule les décrets). En plaçant un fidèle à sa tête, Macron s'assure que les réformes d'un futur gouvernement seront passées au crible d'une juridiction alignée.
Acte 5 : les gendarmes de l'opinion, de l'atome et des flux (2022-2026)
L'Arcom (médias) : 2 février 2025, Martin Ajdari (anciennement condamné par la Cour de discipline budgétaire et financière en 2020 pour manquements aux règles de la commande publique à France Télévisions) est nommé président de l'Arcom pour six ans. L'Arcom peut refuser le renouvellement des fréquences TNT, asphyxiant financièrement des médias d'opposition.
L'ASNR (nucléaire) : 4 novembre 2024, Pierre-Marie Abadie, ancien directeur de l'Andra (agence des déchets radioactifs) et promoteur du projet Cigéo (enfouissement des déchets nucléaires à Bure), est nommé président de l'ASN, devenue ASNR (fusion avec l'IRSN) le 1er janvier 2025. Mandat de six ans irrévocable. Conflit d'intérêts patent dénoncé par les écologistes : l'ancien promoteur du projet devient son contrôleur.
La CRE et RTE (énergie) :
➜ Emmanuelle Wargon (ancienne ministre du Logement, battue aux législatives 2022) préside la CRE (Commission de régulation de l'énergie) depuis août 2022 pour 6 ans.
➜ Émilie Piette (secrétaire générale adjointe de l'Élysée jusqu'en mars 2026) est nommée présidente du directoire de RTE (Réseau de transport d'électricité) le 30 mars 2026, mandat jusqu'en août 2030.
Ces deux postes permettent de paralyser toute transformation énergétique radicale, qu'elle vienne de la gauche (sortie du nucléaire) ou d'une droite souverainiste (tout-nucléaire).
Acte 6 : la « razzia de juillet 2024 », le coup d'État administratif
Entre le 26 juin et le 3 juillet 2024 (quatre jours avant le second tour des législatives !), le gouvernement procède à une vague de nominations d'une ampleur inédite :
➜ Déplacement massif de préfets de région et de département (qui commandent la police et la gendarmerie)
➜ Nomination de plusieurs conseillers maîtres à la Cour des comptes (Fabrice Malcor, Vincent Salvetti, Vanessa Aval, Muriel de Ménac)
➜ Nomination du chef d'état-major de l'armée de l'air
➜ Désignation d'ambassadeurs et de recteurs d'académie
➜ Reconduction de Didier Trut à la tête de l'Imprimerie nationale
Marine Le Pen dénonce dès le 2 juillet 2024 un « coup d'État administratif ». Officiellement, un gouvernement en affaires courantes conserve ses prérogatives. Officieusement, déplacer les préfets et verrouiller la haute fonction publique avant une défaite électorale, c'est préparer le terrain pour rendre ingouvernable toute alternance.
🤔 La Synthèse : démocratie de façade ou technocratie de combat ?
L'argument de la défense : ces nominations sont légales. Le président a le droit de nommer. Les mandats longs garantissent l'indépendance des autorités. L'État doit fonctionner même en période électorale.
L'argument de l'accusation : quand on nomme son ancien ministre des Comptes publics à la Cour des comptes (jusqu'en 2053), son secrétaire général à la Banque de France, son bras droit au Conseil d'État, et qu'on limoge la secrétaire générale du Conseil constitutionnel pour « divergences de vues », on ne fait pas de la « prévoyance ». On construit une démocratie de façade où le peuple élit, mais où des fonctionnaires nommés pour 6, 9 ou 27 ans décident en réalité de ce qui est possible ou non.
Le vrai danger n'est pas que Macron « garde le pouvoir » après 2027 – la Constitution l'interdit. Mais il peut rendre le pouvoir ingouvernable pour son successeur : blocages budgétaires par la Cour des comptes, censure législative par le Conseil constitutionnel, asphyxie monétaire par la Banque de France, paralysie énergétique par la CRE et RTE, contrôle médiatique par l'Arcom.
C'est la paralysie démocratique par excellence : l'alternance devient possible sur le papier, mais impossible dans les faits. Un futur président élu en 2027 se retrouverait face à un mur de béton institutionnel, devant « purger » la haute administration pour gouverner – au risque d'être dénoncé comme un dictateur.
🤖 Glossaire (Pour ne pas se faire avoir par le jargon)
➜ Conseil constitutionnel : juridiction suprême chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. 9 membres nommés pour neuf ans (trois par le président de la République, 3 par le président de l'Assemblée, trois par le président du Sénat).
➜ Article 13 de la Constitution : pour bloquer une nomination présidentielle à la tête d'une autorité indépendante, il faut que 3/5e des membres des commissions compétentes de l'Assemblée et du Sénat votent contre.
➜ Cour des comptes : juridiction financière chargée de contrôler la régularité des comptes publics. Premier président nommé par décret pour neuf ans, limite d'âge 68 ans.
➜ Gouverneur de la Banque de France : dirige la banque centrale française, siège au conseil des gouverneurs de la BCE, supervise le système financier. Mandat de 6 ans.
Conseil d'État : Juridiction administrative suprême, conseillère du gouvernement et juge des décrets. Vice-président exerce la réalité du pouvoir.
➜ Arcom : autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Attribue les fréquences TNT, contrôle le pluralisme. Président nommé pour 6 ans.
➜ ASNR : autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (fusion ASN + IRSN depuis le 1er janvier 2025). Contrôle la sécurité des réacteurs, peut suspendre leur exploitation.
➜ CRE : commission de régulation de l'énergie. Régule les marchés de l'électricité et du gaz, fixe les tarifs. Présidente nommée pour six ans.
➜ RTE : Réseau de transport d'électricité. Gère le réseau haute tension, planifie les investissements. Président du directoire nommé pour la durée du mandat.
➜ Cigéo : projet d'enfouissement géologique profond des déchets nucléaires les plus dangereux, à Bure (Meuse), très controversé.
➜ Andra : agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, maître d'ouvrage du projet Cigéo.
➜ Déport (ou récusation) : obligation pour un juge de s'abstenir de juger une affaire où il a un intérêt personnel (exemple : ne pas juger le budget qu'on a soi-même préparé).
➜ Conflit d'intérêts : Situation où une personne en position de décision publique est susceptible d'être influencée par des intérêts personnels étrangers à l'intérêt général.
➜ État profond (Deep State) : terme désignant l'ensemble des hauts fonctionnaires et institutions permanentes qui continueraient d'exercer le pouvoir réel au-delà des alternances politiques.
« La démocratie, c'est comme un château de cartes : ça tient debout tant que personne ne souffle dessus. Mais quand on bétonne les fondations avec du ciment qui prend 27 ans à sécher, même le vent de l'alternance n'y peut plus rien. »
Note aux lecteurs : tous les faits cités dans cet article sont vérifiables via les décrets publiés au Journal officiel, les communiqués des institutions concernées (Conseil constitutionnel, Cour des comptes, Banque de France, Conseil d'État, Arcom, ASNR, CRE, RTE) et la presse (Le Monde, Politico, Le Parisien, France Info, France 24). Les dates et mandats sont exacts à la date de rédaction (juin 2026).
En ce qui me concerne, à propos de ce que l'on peut conclure de cette énumération de faits dignes d'une république bananière, j'irai plus loin que l'auteur de la vidéo.
De la même façon que Macron n'est pas arrivé tout seul au pouvoir, je dirais qu'il n'a pas préparé son départ en solitaire.
Le plan machiavélique que, grâce à la vidéo de l'excellent site « J'suis pas content », je viens de vous exposer suppose, d'une part, la complicité de toutes les personnes que Macron a fait nommer pour poursuivre sa politique lorsqu'il ne sera plus là. D’autre part, il suppose également la complicité de tous ceux qui l'ont aidé à parvenir au pouvoir.
Que ces gens-là appartiennent à McKinsey ou un autre cabinet d'audit ou à des caciques néolibéraux, comme les milliardaires qui sont propriétaires de la plupart des médias en France, je ne peux pas le savoir.
Mais, c'est de ce dont je suis sûr, c'est que la politique qu'a appliquée Macron pendant plus de dix années au pouvoir, tout comme Macron, ne viennent pas de nulle part.
De fait, la politique ultra libérale appliquée par Macron n'était pas sa politique, mais celle de ceux qui l'ont mis au pouvoir. Et bien entendu, lorsqu'il est sur le point de quitter ce pouvoir, qui a tant profité à ceux qui l'ont aidé à y parvenir, il est hors de question, que toutes les largesses dont ont bénéficié ses "protecteurs" disparaissent avec lui.
Autrement dit, cette mise en place systématique de personnes dévouées à Macron dans tous les organes principaux du gouvernement de la France n'est pas l'œuvre d'un autocrate affamé de pouvoir. Les vrais dictateurs s'inquiètent peut-être de leur postérité, mais certainement pas du sort de leur successeur et encore moins du sort de leur pays après leur disparition.
Ce plan machiavélique est l'œuvre de l’État profond, dont parle l'auteur de la vidéo, qui existait dans notre pays bien avant l'arrivée de Macron. C'est-à-dire des personnes et/ou organismes qui dirigent véritablement notre pays et qui, grâce à l'habileté et au zèle de Macron (vis-à-vis de ses protecteurs et certainement pas de la France), vont continuer de prospérer lorsque Macron aura laissé sa place à son successeur.
Bien sûr, d'aucuns vont crier au complotisme. Alors, je précise :
La mise en place systématique de personnes vouées à Macron à tous les postes stratégiques du gouvernement de la France, que personne d'honnête ne saurait nier, c'est très exactement un complot destiné à faire en sorte que tout ce qu'a fait Macron pour appauvrir les pauvres et enrichir les riches soit préservé. Cela, encore, ce n'est pas du complotisme. L'augmentation de la richesse des riches et l'appauvrissement des pauvres au cours des deux mandats de Macron sont actés depuis longtemps. Et bien d'autres méfaits encore.
Je rappelle la définition du complot : c'est une résolution concertée et secrète entre deux ou plusieurs personnes dans le but de commettre une action néfaste, répréhensible ou violente contre une personne, une institution ou la sûreté de l'État.
En revanche, je ne pense pas que, comme le pense l'auteur de la vidéo, que Macron, après avoir placé ses pions, a l'intention de se représenter à une prochaine élection présidentielle. À mon avis, il va revenir plutôt dans le secteur privé qu'il a bien favorisé et profiter des services qu'il a rendus à ceux qui ont "contribué" à son élection et de son très copieux nouveau carnet d'adresses.
Par ailleurs, je ne pense pas qu'il ait la moindre chance de revenir démocratiquement au pouvoir en France, après tout le mal qu'il a fait aux Français.
Il faudrait, pour cela, que les Français soient aussi stupides que les Américains qui ont réélu Trump, mais cela, j'ai beaucoup de mal à l'imaginer.