Il y a de saines colères qui ne méritent pas d’être ainsi salies. Et pourtant, c’est le sens qu’a pris ce samedi la manifestation contre la vie chère dans certaines grandes villes avec en tête Paris, Lyon et Limoges.
Sous couvert d’un ras-le-bol généralisé toutes catégories d’âge confondues, on a eu l’occasion d’assister à l’étalage des instincts les plus bas de l’humanité, bien loin de l’esprit fraternel et solidaire de la cause défendue.
Si je plains évidemment les petits commerçants qui se retrouvent avec l’investissement de toute une vie complètement dévalisé voire détruit, les bras m’en tombent quand je vois à quel point notre beau patrimoine en a pris pour son grade. La mairie de Limoges, l’office de tourisme de Lyon. Tous deux massacrés. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? Certainement pas pour baisser les prix vu ce que risque de coûter la réhabilitation.
Le patrimoine est pourtant notre bien commun à tous, indépendamment des religions, statuts, croyances et autres spécificités qui composent le genre humain.
Un monument historique, c’est ce petit quelque chose de sacré témoignant encore de son époque, qui nous rattache tant bien que mal à un passé depuis longtemps révolu.
C’est le « beau » qui résiste au temps qui passe, constitutif qu’on le veuille ou non d’une partie de notre identité. Celle d’une ville, mais surtout de l’humain au sens large.
A quoi bon le souiller de sa haine, si ce n’est pour laisser une vulgaire trace de son passage comme un chien pissant derrière un buisson ?
Je pose la question car je n’ai pas la réponse. Juste une certaine amertume qui ne passe pas.