92 jours

Par Liliba

Larry BROWN

Leon Barlow a des fins de mois difficiles. Sa femme l'a quitté, lui réclame une pension alimentaire qu'il n'arrive pas à payer et l'empêche de voir ses enfants. Ses manuscrits lui reviennent tous, refusés par les éditeurs new-yorkais, et accompagnés de lettres stupides ou décourageantes. Il n'a pas de vrai emploi, mais travaille sporadiquement comme peintre en bâtiment, puis stoppe ses missions dès qu'il a mis un peut d'argent d'avance et peut remplir son frigo et tenir quelques temps sans sortir de chez lui. Il a quelques amis, mais qui sont aussi paumés que lui...

Et malgré tout cela, et à cause de tout cela, Leon Barlow occille entre confiance, plénitude ou désespoir. Il y a la bière glacée, bue en abondance, souvent jusqu'à épuisement et engourdissement, seul ou en compagnie des copains. Il y a la solitude, cette claustration volontaire. Il y a la nature et les couchers de soleil qui lui redonnent de l'énergie. Et surtout sa certitude malgré tout qu'il a du talent et que son rôle, sa mission, sa vie est de continuer, envers tout et tous, à faire ce qu'il aime plus que tout au monde, ce qui lui est aussi vital que de respirer : écrire.

Magnifique portrait que cet homme abandonné de tous ou presque, au bout du rouleau, mais continuant avec ténacité à vouloir écrire et faire publier ses textes. Nous vivons avec lui les affres de l'angoisse à l'arrivée d'un courrier (nouveau refus d'un éditeur), nous souffrons avec lui, mais en même temps espérons, croyons en lui comme il croit en son talent. Tout cela sur fond d'Amérique rurale, rude et belle. Un petit délice !

Larry Brown est né à Oxford (Mississippi) en 1951. Il a servi dans les corps de Marines de 1970 à 1972 et, en 1973, au département des pompiers d'Oxford où il est capitaine jusqu'en 1990. Il est l'auteur de romans et de recueils de nouvelles, tous publiés par les Éditions Gallimard. Larry Brown est mort en novembre 2004.

L'avis de Papillon (en 2006, je ne suis pas très en avance !) et celui plus récent de Daniel Fattore, qui avait beaucoup aimé.