L'adolescence

Publié le 23 septembre 2008 par Osmose

Cette étape de la vie commence au moment où l'Énergie vitale se manifeste chez l'être d'une façon particulière.

C'est beaucoup plus que la sexualité.

C'est l'Éros.


Désormais, le courant d'énergie qui passe dans l'être est créateur : il commence à pouvoir transmettre la vie.

Dans les sociétés traditionnelles, l'être devait alors traverser les épreuves d'une initiation. Cette expérience portait sur le contrôle de l'énergie : comme, par exemple, de dominer la faim, de vaincre la peur, de dépasser la mort.


C'est aussi, en principe, le début de l'apprentissage - un pas de plus sur la voie de l'autonomie.


L'adolescent est à la recherche de modèles. Mais, par un curieux mécanisme qui assure à la fois la continuité et le renouvellement des structures, l'adolescent adopte devant les modèles qu'on lui propose une attitude ambivalente, mais créatrice : il cherche à s'y conformer tout en les contestant.


Cette ambivalance, qui explique en partie la position inconfortable de l'adolescent, témoigne de ce que j'appellerais la ruse de l'Énergie créatrice dans la nécessité où elle se trouve de maintenir les structures, tout en assurant leur renouvellement.


'' La contestation (...) représente assurément aujourd'hui un caractère génétiquement commandé avec autant de force que l'est chez l'animal, le caractère d'obéissance sans contestation aux instincts sociaux millénaires... ''
HAMBURGER, Jean. La puissance et la fragilité, Éd. Flammarion.


Il fait donc une distinction entre l’animal et l’être humain. Il existe plusieurs différences entre les deux, on est bien conscient de ça. Ne serait-ce qu’avec la naissance, l’être humain a la particularité de naître avant qu’il ne soit achevé. Ce qui l’oblige à être bébé pendant très longtemps, d’achever sa croissance, etc. J’ai eu la chance un jour de voir naître le bébé d’un cervidé.


Le hasard a fait que je me promenais en voiture quand j’ai aperçu une mère qui donnait naissance à ce bébé. Je l’ai vu s’extraire, j’ai vu l’enveloppe se déchirer, puis la mère l’a léché et quinze minutes plus tard, le petit commençait à gambader sur ses petites pattes. Parce que s’il n’arrive pas à suivre sa mère, il va mourir.


Au départ, la contestation est un mécanisme sain. Au plan individuel, elle permet de s'affirmer, de véhiculer une certaine créativité. Il est parfois difficile de faire la différence entre l'esprit de révolte et la créativité.


Au plan collectif, la contestation permet de remettre en question les systèmes et favorise leur renouvellement. Sans la contestation, la société serait entraînée dans la mort entropique. La contestation apparaît comme un mécanisme essentiel à la survie et à l'évolution de l'espèce, de la société humaine et de l'être humain. Une partie de
la délinquance est sans doute attribuable à cette volonté de dépassement.


Il est étonnant de constater jusqu'à quel point les jeunes aujourd'hui sont à peu près tous perçus comme des délinquants. Ce qui suppose que la société doit s'accommoder d'un certain degré de contestation - même sous la forme de délinquance. En attendant, il faut veiller à ne pas faire de véritables criminels avec des délinquants en mal d'affirmation.


Nous sommes tous conscients, par ailleurs, que la délinquance, à notre époque, dans notre société, dépasse très largement le degré, si je puis dire, permissible, c'est-à-dire le degré de délinquance que la société peut tolérer, j'allais écrire: qu'elle peut s'offrir.


Dans certaines villes, la délinquance est tellement répandue, et la criminalité en général, qu'on croirait qu'il s'agit d'une forme de guerre.


C'est que la contestation rencontre peu de résistance; les systèmes sont aujourd'hui changeants et contradictoires.


Un ensemble complexe de facteurs favorise la recrudescence de la violence: explosion démographique, entassement dans les villes, perte de l'identité, diffusion par les mass média de l'image de la violence, image qui, dans certains cas, peut être incitative et qui, dans tous les cas, crée chez les individus une tolérance à la violence - on en vient, petit à petit, à l'accepter.

Il y a aussi les jeux vidéos dans les arcades. Je signalais il y a quelque temps que je me suis offert un arrêt dans les arcades pour voir quels étaient les messages qu’on pouvait y trouver. Ces jeux sont d’une violence considérable, qui ne peut pas ne pas être incitative d’une certaine façon. Ce qui est absolument à l’opposé de ce que j’ai toujours pensé, moi qui suis plutôt un homme de la catharsis


La délinquance participe de l'ensemble du phénomène de la violence. Tous les facteurs qui favorisent la violence en général, favorisent la délinquance en particulier. Mais certains facteurs favorisent plus particulièrement la délinquance. Parmi ces facteurs, il y a la prolongation de l'adolescence et la démission des adultes.


L'adolescence se prolonge.


La contestation, qui serait inscrite dans le programme génétique, s'exprimerait surtout à l'époque de l'adolescence. C'est l'époque où l'être cherche à s'émanciper, alors qu'il est en fait encore dépendant et, le plus souvent, sans responsabilité.


Alors qu'on abaisse l'âge auquel un individu devient officiellement un adulte, en accordant le droit de vote à 18 ans, l'adolescence paradoxalement n'en finit plus...
Dans la mesure où s'étend cette période de la vie, la contestation qui en est une des manifestations, augmente. Ou encore, dans la mesure où s'étend la mentalité de cette période de la vie.
Par adolescence, j'entends, entre autres, un état de dépendance et de non-responsabilité.


Or, à notre époque, non seulement cet état est prolongé, mais il paraît s'étendre à tous les groupes d'âge : les adultes ont de plus en plus un comportement de dépendance et de non-responsabilité.
Du fait sans doute de la prise en charge des individus par la société : les assistés sociaux que nous sommes tous plus ou moins, sont des adolescents dépendants et non responsables.


Du coup, nous passons à l'autre facteur: celui de la démission des adultes.


à suivre > L'äge Adulte