Elles passent maintenant juste à côté du restaurant

Publié le 06 septembre 2008 par Unepageparjour

Elles passent maintenant juste à côté du restaurant. Les trois garçons gesticulent, leur font de grands signes. Jean lui crie quelque chose. Mais elle n’entend pas. Marie regarde les garçons, mais sans vraiment les voir. Elle continue d’avancer, en pensant à toute cette histoire. Quelle belle histoire que cette maternité.

Le bruit des pas qui courent derrière elle ne la font pas se retourner. Elle sait bien qu’il doit en être ainsi. Que cette soirée avec eux ne peut pas se terminer sans que … sa pensée s’arrête, oiseau interrompu au seuil de l’envolée.

Marie ! Marie !

C’est Jean, bien sûr. Elle l’aurait bien parié, d’ailleurs. Sacré Jean. L’innocence parfois, rend les plus timides un peu plus braves que les autres.

Marie, s’essouffle-t-il en la rattrapant, Marie, tu as oublié ton tiramisu !

Non, je ne l’ai pas oublié. Comment puis-je oublié un tiramisu, moi, avec tout ce sang italien qui coule dans mes veines ?

Ha, je croyais, comme tu marchais, de plus en plus loin de nous, dans cette jolie nuit, que tu n’avais plus faim.

Au contraire, petit malheureux ! Cette marche m’a donné grande faim. Et j’y vais de ce pas, dévorer ce tiramisu...

Marie entame un demi-tour, en se penchant sur le landau pour le faire tourner en douceur. Fleur dort, il n’est pas question de la réveiller.

Attends ! dit Jean, en lui prenant le bras. Attends, on peut marcher un peu, tous les deux…

Tous les trois, tu veux dire ?