La Poste en danger de mort

Publié le 26 septembre 2008 par Albert @albertRicchi


Alors que les salariés de la Poste se mobilisent pour refuser la privatisation de cet établissement, l'administration ultra libérale de Washington vient de "nationaliser" des établissements financiers (banques et crédits après la nationalisation de fait d'Enron, la compagnie californienne d'électricité en 2002). Ces mêmes Etats-Unis possèdent en outre une entreprise publique de qualité : la Poste fédérale...

Il est cocasse de voir aujourd'hui tous ces libéraux qui siphonnent les richesses de l’état, pillent les services publics, s’attaquent en permanence à l’impôt républicain en appeler ainsi à l’état contre les méfaits de leurs banquiers et autres spéculateurs sans foi ni loi.

200 milliards par là pour cautionner Fanny Mae et Freddie Mac, Lehman Brothers, 85 milliards par ci pour équilibrer AIG, le Trésor américain paie les frasques du privé en dépit de tous les crédos libéraux.

En France, après de multiples privatisations faites dans tous les domaines par tous les gouvernements successifs de droite comme de gauche (le gouvernement de Lionel Jospin battant tous les records en la matière…) voilà que l’on essaie de s’attaquer à la poste, institution créée au XVème siècle par Louis XI, qui est un fleuron de notre tissu social participant à l'aménagement du territoire.

La Poste, premier service public de proximité en France, est l’une des dernières postes publiques en Europe. La Poste privatisée et mise en Bourse - option du gouvernement à l’étude - mettrait ainsi un terme au service universel postal, accessible pour tous au même tarif sur tout le territoire.

Derrière les juteux milliards de la privatisation d'un bien public se cache en fait une double escroquerie :

- Faire croire que tous les services publics doivent être privatisés

- Faire croire que la concurrence c’est bien pour les consommateurs

Dans les deux cas, les limites ont été très rapidement atteintes tant au niveau des échecs commerciaux que des ententes commerciales illégales (énergie, eau potable, tarifs autoroutiers, téléphonie mobile, opérateurs internet, etc.)

Et aujourd'hui, la question du maintien du statut de la Poste ne devrait même pas se poser.

Seuls des apprentis sorciers tels que Nicolas Sarkozy, Jean-Paul Bailly son directeur et naturellement la commission européenne qui orchestre et surveille tout cela avec la plus grande attention croient encore aux vertus de l'ultra libéralisme.

Ils auront désormais des comptes à rendre à la nation sur leurs propres responsabilités…

Pétition pour réclamer l'organisation d'un référendum d'initiative populaire sur l'ouverture au privé du capital de la Poste.

Un séisme financier fait vaciller l’ensemble du système bancaire international et, au-delà, l’économie mondiale. Et malgré cela, le gouvernement français persiste à vouloir privatiser La Poste. L’administration américaine « nationalise » des pans entiers de la finance pour éviter la débâcle, mais l’Etat français, lui, est prêt à céder au privé une partie au moins d’un service public auxquels les Français sont attachés. Et, avec lui, la banque des classes moyennes et des tout petits épargnants.

Comme dans le cas du fichier Edvige, Nicolas Sarkozy, sentant la montée des oppositions, a repris les choses en main et créé une commission de réflexion. En réalité, c’est tout réfléchi : une fois transformée en société anonyme, La Poste ouvrira son capital aux investisseurs privés pour lever en bourse les fonds nécessaires à sa croissance - dans un marché totalement ouvert à la concurrence d’ici 2011.

Pour nous faire avaler la pilule, les promoteurs de cette idée de génie nous promettent que l'Etat restera majoritaire – même si on nous a déjà fait le coup avec France Telecom dont l'Etat ne possède plus aujourd'hui que 27 % du capital ! Ils nous jurent que La Poste conservera toutes ses missions de service public. Sans jamais dire lesquelles et pour combien de temps ? Ils nous assurent que les tarifs n'augmenteront pas – contrairement aux prix des péages depuis la privatisation des autoroutes. On nous certifie que l'usager y trouvera son compte - contrairement au fiasco des renseignements téléphoniques privatisés. Le tout, bien évidemment, sans supprimer le moindre emploi. Tout juste fermera-t-on quelques centaines de bureaux de Poste dans les zones rurales ou les quartiers populaires (après avoir fermé casernes, tribunaux et hôpitaux…). Au nom de la rentabilité !

Pour toutes ces raisons, Marianne a décidé de relayer l’idée d’un référendum d’initiative populaire, comme le permet désormais la nouvelle Constitution. La Poste est un service public. A ce titre, elle appartient à l’ensemble des citoyens-usagers-contribuables. C’est donc à eux - à nous, à vous - de choisir si cette entreprise doit ou non demeurer à 100 % dans le giron de l’Etat. Dès aujourd’hui, vous pouvez signer cette pétition en faveur de ce référendum sur notre site www.marianne2.fr.
Quant à la question « faut-il privatiser La Poste ? », pour notre part, la réponse est non.


Pour signer la pétition :

http://www.mesopinions.com/Privatisation-de-La-Poste---exigez-un-referendum---petition-petitions-074e3d2765edcf3b6041f148beaf315e.html

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