Latifa Arfaoui

Publié le 12 octobre 2008 par Musique
Latifa Arfaoui, de son nom complet Latifa Bint Alayah Al Arfaoui (لطيفه بنت عليه العرفاوي)  mais plus connue sous le nom de scène Latifa (لطيفة), née le 14 février 1961 à La Manouba, est une chanteuse tunisienne originaire du gouvernorat de Béja.



Elle naît dans une famille nombreuse (cinq frères et deux sœurs). Fréquentant l'école primaire de Sidi Omar, où elle fait partie de la chorale, elle participe en 1978 au Club des talents et obtient le titre de meilleur chanteuse, ce qui la fait repérer par le ministère de la culture qui la choisit pour représenter la Tunisie au troisième Festival arabe pour les jeunes organisé en Irak. Elle y présente des morceaux du patrimoine musical tunisien et de la chanteuse Oum Kalthoum.

En 1983, peu après la mort de son père, Latifa et sa famille se rendent en Égypte pour s'y recueillir. Durant cette période, elle rencontre le compositeur Baleegh Hamdi qui lui suggère de rester en Égypte dans l'intérêt de sa carrière. Néanmoins, celle-ci souhaite se concentrer sur son éducation : elle retourne donc en Tunisie pour terminer ses études secondaires au lycée Khaznadar où elle est aidée par son professeur Taoufik Thouidi et chante avec l'artiste Oussama Farhat qui a aussi fréquenté ce lycée durant sa jeunesse. Lors de l'une de ses représentations, elle rencontre le musicien Ali Sriti qui lui donne des cours journaliers de chant et d'oud. Pourtant, en raison de problèmes financiers, elle ne peut retourner en Égypte et suit donc le collège en Tunisie, apprenant alors la littérature néerlandaise durant une année et demi. Sa famille décide tout de même de l'aider à réaliser son rêve en l'envoyant en Égypte. Latifa quitte donc le collège et rejoint l'Académie arabe de musique du Caire où elle obtient un bachelor. À ce jour, et malgré son emploi du temps chargé, elle préparerait son master[1].

Durant ses études en Égypte, elle se produit en direct sur une station de radio. C'est alors que le compositeur Mohammed Abdel Wahab l'entend et se rend deux jours plus tard à l'académie pour la trouver, ce qui étonne beaucoup Latifa qui, à cette époque, chante principalement de longues chansons tarab mais s'intéresse aussi à d'autres répertoires. Elle commence donc à travailler avec le compositeur Ammar Al Sherai'ei et le poète Abdulwahab Mohammed qu'elle avait rencontré durant sa première visite au Caire[1].

Dans Akthar Min Roohi (Plus que mon âme), qui sort en 1986, elle commence à interpréter des chansons pop sur une musique d'Ammar Al Sherai'ei et des paroles d'Abdulwahab Mohammed. L'album connaît un grand succès à travers le monde arabe alors que ses chansons touchent des idées originales et des styles distinctifs. Elle retouche par ailleurs ses titres et y ajoute différentes influences comme le tango. Elle tourne également un clip pour le single Ew'ah Tegheer (Ne soit pas jaloux). Le succès de cet album lui permet d'acheter la moitié des parts de La Reine, compagnie et studio de son producteur. Dès lors, elle coproduit tous ses albums et clips[1].

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Dans le titre principal de l'album Hobbak Hadi (Amour frigide), sorti en 1993, Latifa demande ouvertement de l'amour en raison de l'ennui qu'elle ressent vis-à-vis de son couple. Avant la sortie de l'album, aucune femme arabe n'avait utilisé des mots aussi directs dans une chanson populaire à propos de ses sentiments amoureux[1].

En 1997 sort l'album Al Ghinwa (La chanson) dont le titre principal est considéré comme la seconde partie de Akthar Min Roohi[1]. Elle décide ensuite de se lancer dans un nouveau style appelé qasa'ed fos'ha. L'album sorti en 1998, Taloomoni Al Donya (Le monde me blâme), la voit interpréter des paroles du poète Nizar Kabbani[1].

Après avoir passé dix jours à l'hôpital pour cause de dépression nerveuse, elle revient en 1999 avec un album connu dans le monde arabe sous le nom de Wadeh (Clair) et connu internationalement sous le titre Inchallah (Si Dieu le veut). Distribué par Universal Music France, il s'agit du premier album qu'elle interprète dans une autre langue. La chanson franco-arabe Inchallah qui y figure est déclarée comme la cinquième chanson la plus populaire au monde par le magazine ELLE. Dans le monde arabe, Inchallah, Kerehtak (Je t'ai haï) et WadehKerehtak[1]. connaissent un succès populaire. Jusque-là, aucune chanson pop n'avait été chantée en arabe comme

En 2002, l'album de variétés Desert Roses and Arabian Rhythms II la voit interpréter un mawwal (poésie arabe) dans la chanson Take Me I'm Yours et en chanter une partie en anglais avec Chris Difford et Glenn Tilbrook du groupe Squeeze[1].

Grâce à l'alubm Ma Etrohsh Ba'ed (Ne part pas), produit en 2003 par Alam El Phan (Mazzika TV), elle remporte l'année suivante le World Music Award de la meilleure artiste au Proche-Orient et en Afrique du Nord remis à Las Vegas. Son discours de remerciement est toutefois censuré sur la chaîne ABC lorsqu'elle prononce une phrase très applaudie par le public présent : « Ma joie restera incomplète jusqu'à ce que la Palestine et l'Irak soient libérés. » La même année, elle produit un album intitulé Les plus belles chansons de Latifa chez Warner Brothers France. Collection de ses plus grands tubes, il inclut aussi un titre inédit de raï, Khalleoni (Laisses moi), qui constitue sa première expérience dans ce style musical[1].

En 2005, elle fonde une société caritative qui porte son nom, le quart des revenus de ses concerts étant désormais versés à cette dernière. En novembre 2006, elle signe à nouveau un contrat avec Rotana pour diffuser ses créations à travers le monde arabe[2].


Références 

  1. abcdefghi  (en) Biographie succincte de Latifa (Latifaonline)



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