Les évêques espagnols dénoncent la mise à mort d'enfants innocents

Publié le 18 octobre 2008 par Micheljanva

et non seulement la naissance d'un enfant-médicament. La dépêche AFP n'en dit guère plus, voire même tombe dans la caricature :

"Les évêques espagnols, qui suivent le ligne conservatrice du Vatican en matière de droit à la vie, estiment que, loin d'être un "progrès scientifique", cette naissance a "réduit la dignité de la personne à une simple valeur utilitaire".

Alors que le monde scientifique se pâme - à juste titre sans doute - devant les 24 premières heures de vie (sic) d'un poisson-zèbre, on tue sans état d'âme des enfants de la même tranche de vie, voire plus âgés. Il faudrait admettre que les poissons vivent dès la conception, mais pas les humains.

L'AFP ne nous livrant presque rien des propos des évêques espagnols, heureusement,jeudi, Benoît XVI nous rappellait l'essentiel des relations entre la foi et la raison dans son discours inaugural du congrès organisé par l'Université pontificale du Latran à l'occasion du dixième anniversaire de l'encyclique de Jean-Paul II "Fides et ratio" :

"La découverte et le développement des sciences mathématiques, physiques, chimiques et des sciences appliquées sont le fruit de la raison et expriment l'intelligence avec laquelle l'homme réussit à pénétrer dans la profondeur de la création. La foi, pour sa part, ne craint pas le progrès de la science et les développements auxquels ses conquêtes conduisent lorsque celles-ci sont finalisées à l'homme, à son bien-être et au progrès de toute l'humanité (...)

Il arrive cependant que les scientifiques n'orientent pas toujours leurs recherches vers ces objectifs. Le gain facile ou, pire encore, l'arrogance de remplacer le Créateur jouent parfois un rôle déterminant. Il s'agit d'une forme d'hybris de la raison, qui peut assumer des caractéristiques dangereuses pour l'humanité elle-même.  La science, par ailleurs, n'est pas en mesure d'élaborer des principes éthiques ; elle peut seulement les accueillir et les reconnaître comme nécessaires pour faire disparaître ses éventuelles pathologies.

La philosophie et la théologie deviennent, dans ce contexte, des aides indispensables avec lesquelles il faut se confronter pour éviter que la science n'avance toute seule sur un sentier tortueux, plein d'imprévus et qui n'est pas dépourvu de risques. Cela ne signifie pas du tout  limiter la recherche scientifique ou empêcher la technique de produire des instruments de développement ; cela consiste plutôt à garder en éveil le sens de responsabilité que la raison et la foi possèdent à l'égard de la science, pour qu'elle demeure dans le sillon de son service à l'homme".

Lahire