Elise et Marguerite

Publié le 25 octobre 2008 par Souillacenjazz

Le belle introduction au tuba de François Thuillier et le premier solo de trompette de Fabrice Martinez nous mettent la puce à l’oreille, ce concert ne sera pas ordinaire et le travail sur les sons élaborera des univers étranges, certainement jubilatoires. Et ça démarre, ça déménage ! Après un clin d’œil à Beethoven avec Mail à Élise, l’ensemble des musiciens prend le concert à bras le corps. En témoigne un jubilatoire Crouch Touch Engage, mêlée de sons, de confrontations entre instruments, de passes et d’échappées en solos débridés. On assiste à une profusion d’idées, en toute liberté, de la plus folle à la plus domptée, sous la houlette et le sourire bienveillants d’Andy Emler. À la joie sonore se greffe un spectacle convivial, tonique, drôle, communicatif. Des « ouvertoires » alternent avec les pièces les plus longues. Un intermède à la voix : « Marguerite, es-tu là ? » où Thomas de Pourquery est traduit en simultané par un Laurent Dehors délirant. Déjà convaincue par la musique, la salle éclate de rire ; elle suivra aussi les indications vocales d’Andy Emler en un chœur loufoque. Il ne faudrait pas croire pour autant que ce sont des clowns ces musiciens : ils jouent, beaucoup, avec art et inspiration ; ils nous scotchent par leurs sonorités, leur culture et leur virtuosité. Concert jubilatoire et belle musique, quelle soirée !
Marie-Françoise