Avant le Congrès

Publié le 26 octobre 2008 par Jfa

Alors que je m’étais promis de ne plus en parler dans l’attente des résultats prévisibles du congrès de Reims, les discussions régulières avec les potes ainsi que ce qui se lit dans la presse et les blogs m’obligent à me renier.

Côté rapport de forces, il me semble constater ces derniers jours une baisse de la motion Delanoé, vraisemblablement dûe à son alliance avec l’homme des consensus mous, qui a décrédibilisé son annonce rénovatrice…  Côté Ségolène, il ne semble pas que la baisse amorcée en Septembre ait été inversée. La “punchy” M. Aubry semble réussir à dépasser sensiblement les 20 % et B. Hamon, conforté par la crise financière devrait se situer dans la foulée de la précédente.

Nous sommes passés d’un Delanoé s’annonçant à 50 %, d’une Mme Royal s’espérant à autant, de M. Aubry donnée à 18% et B. Hamon à 12-15% à un rééquilibrage qui ne rend pas pour autant les prévisions impossibles. Pourquoi ? Du fait des “votes” dits captifs, en réalité les “cartes”, adhérents fantômes qu’on ne voit que pour les votes des congrès et des investitures. Les exemples les plus caricaturaux sont les partisans de la “rénovation royaliste” des Bouches du Rhône et de l’Hérault, fédérations dans lesquelles les résultats sont généralement connus avant les votes, ce que tous les adhérents un peu au fait du PS connaissent.

Ces “votes” captifs  assurent un matelas incompressible aux candidats soutenus par les “grosses” (en “cartes”) fédérations et, de ce côté là, B. Delanoé, S. Royal et M. Aubry sont les mieux pourvus.

C’est la raison pour laquelle j’ai tendance à ne regarder cette campagne prétendument politique que comme un simple et vaste marchandage entre les “grands élus” qui tiennent ce parti dans la perspective du contrôle de l’appareil et des contrôles, locaux, des investitures.

Le Congrès de Reims va, à nouveau, être l’occasion de regroupements politiques théoriquement contre-nature si l’on s’en tient aux déclarations, comme l’avait été le Congrès du Mans, mais annoncés cette fois, avec une alliance Delanoé-Aubry-Hamon mêlant strauss-kahnniens et fabiusiens, emmanuellistes et partisans d’Hamon, sans parler, plus que vraisemblablement des “Hollandais” (quoiqu’il se dise de plus en plus que F. Hollande rejoindrait son ex-épouse lors du Congrès). Pourquoi ? Parce que la dérive centriste à la New-Labour de Mme Royal fait peur même aux plus opportunistes.

Le PS me semble être dans le même état que le PCF en 1980, structure politiquement (au sens noble du terme) creuse, lobby uniquement crispé sur la défense des intérêts de ses élus et aspirants-élus. Les scrutins qui lui ont été favorables ces dernières années l’ont été par des votes protestataires: des votes “contre” Chirac, Raffarin et Sarkozy. On a vu, 20 ans après, ce qu’il était advenu du PCF.

Malgré la crise financière et ses retombées économiques, je crains que N. Sarkozy ne dispose d’une voie royale pour 2012. Hélas pour nous!

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- Baisse des Bourses mondiales, crise financière et crise économique: Il ne faut pas confondre. Sur les blogs Econoclaste et Eco-socio-Techno.