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Par Kilucru

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Un film de Ursula Meier
Avec Isabelle Huppert, Olivier Gourmet, Adélaïde Leroux, Madeleine Budd, Kacey Mottet, Jean-François Stévenin
Prix de la mise en scène au festival du film d'Angouleme
Au milieu d'une campagne calme et désertique s'étend à perte de vue une autoroute inactive, laissée à l'abandon depuis sa construction. Au bord du bitume, à quelques mètres seulement des barrières de sécurité, se trouve une maison isolée dans laquelle vit une famille. Les travaux vont reprendre et annonce l'ouverture prochaine de l'autoroute à la circulation.Les relations familiales vont se détériorer en même temps que les voitures passent de plus en plus nombreuses devant les fenêtres de la cuisine.
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Ursula Meier installe sa famille modèle, (rêvée ?) au bout, (au début ?) de nulle part ou plutôt perdue en pleine cambrousse. Là où semble avoir poussée une sympathique maison et sa drôle de tribu. Assez désopilant au départ cette smala, le fils le jeune Julien (Kacey Mottet Klein), un gamin joueur, sa sœur cadette Marion (Madeleine Budd) préado tiraillée de questions et de certitudes intérieures et l’ainée Judith (Adélaïde Leroux) qui passe son temps à griller des clopes, en écoutant du métal à fond le volume tout en soignant son bronzage. Le père Michel (Olivier Gourmet)style « grand ado » convie toute sa petite troupe à des parties acharnées de hockey sur cette portion d’autoroute inachevée, il part la journée travailler avec son vieux break Mercédès jaune et le soir goute au repos ,serein ,dans son vieux fauteuil au milieu de la chaussée, là traine un barbecue, une mini piscine et autres jeux de plein air. La mère Marthe (Isabelle Huppert) elle, trie le linge et immanquablement sépare le blanc des couleurs, rythmant ainsi le temps, jours avec couleurs, jours de grand blanc ! Elle participe à sa façon à l’harmonie qui règne au sein de cette « smala » .Un peu en marge, de par son isolement, sa mentalité assez libre, définie en mot, il pourrait bien être : « Cool » !

L’ouverture du tronçon d’autoroute va être une véritable révolution.
Dans un premier temps il s’agira d’essayer de s‘adapter, puis de lutter pour finalement révéler, se heurter à ses propres limites, Père claustro à l’idée d’emprunter le tunnel que lui indique son fils, et surtout la mère , elle ne fait qu’un avec son foyer, sa maison son « home »et qui doucement puis dangereusement vacille, entrainant tout son petit monde dans sa propre dégringolade.
Si la première partie est légère, gaie, joviale, l’idée même du lieu, géniale, tous les personnages sympathiques et attachants, la seconde s’apparente plus à l’enfer quotidien, faut-il y voir une famille, " une mère reine " et les siens projetés de la douceur campagnarde à un monde qui s’apparente plus à l’enfer de la ville où circulation, bruit perpétuel vous scient les nerfs!
Tenter de, ou se couper du bruit du monde, sans réel succès, autre que le risque de tomber dans une attitude quasi autiste, voire suicidaire ? Se murer dans le silence dans le but de le trouver alors que l’on s’est égaré. User de barbituriques pour finir user par ces derniers ? L’auteur explore e façon imagées ces cheminements et leurs dangers.
Marthe et Michel riants et souriants sont à présent envahis par la colère, les réactions irréfléchies et violentes, une vague de douleur sombre et triste dont même les enfants font les frais. Y a il une issue….il vous faudra aller voir ce film remarquable, de par son scénario, son interprétation , les couleurs, les paysages coupées par cette route » hideuse », les lieux admirables au départ progressivement détruits, dévastés par l’usure, les chocs endurés par l’unité familiale ! Tout cela subtilement cadré jusqu’aux images de fin…
J’en suis sorti avec un petit refrain en tête sorti de ma mémoire, juste pour ces quelques paroles, uniquement le titre de cette chanson de Pink Floyd « Another Brick In The Wall » !
Et suis parti droit vers le soleil, à travers champs !
Moi aussi ...
A bientôt Kilucru !
Excessif.Com "..La deuxième moitié est beaucoup plus étrange. Alors qu'on est bien installé dans une histoire de vie agréable où le sujet semble être le bonheur d'une famille vivant en marge de la société, le film se renverse petit à petit vers quelque chose de spécial et presque angoissant. Le changement de tonalité donne au film un aspect très particulier...." puis "..et donc à un final noir, très noir. Mais sans cynisme, et avec moins de pessimisme, la jeune cinéaste ouvre un interstice par lequel on entrevoit un peu de lumière..."
CritiKat.Com "..Pour son premier long-métrage, la franco-suisse Ursula Meier s’entoure d’un beau casting (Isabelle Huppert et Olivier Gourmet) et démontre un certain talent de jongleuse entre comédie fantaisiste et satire grinçante, le tout avec un ambitieux travail visuel..."