Liberté d'expression et extrémisme

Publié le 26 juillet 2007 par Aurialie

Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a signé aujourd'hui la mise en application des amendements à la nouvelle législation prévoyant l'intensification de la lutte contre “l'extrémisme”, adoptés par le Parlement le 11 juillet 2007.

L'association Reporters sans frontières avait écrit au Président pour lui demander de s'opposer à la mise en vigueur de cette loi car elle risque de mettre en danger la liberté d'expression. RSF estime que la “lutte contre l'extrémisme est nécessaire et légitime, mais celle-ci ne doit cependant pas entraver la liberté des médias et des citoyens. Or, la définition donnée dans ce projet de loi de l'extrémisme recouvre treize situations, aux contours très flous. Seront désormais punis "le financement" et "l'organisation" des actes "extrémistes" et ce, "y compris par le biais d'imprimés (...), de liaisons téléphoniques ou autres moyens d'information", mais également le "soutien public", "l'aide" ou "l'appel" à "l'extrémisme". A l'approche des élections législative de décembre 2007 et présidentielle de mars 2008, il est indispensable de définir plus clairement ces notions. Dans le cas contraire, une radio pourrait, par exemple, être fermée simplement parce qu'un auditeur aurait tenu à l'antenne des propos jugés extrémistes."

Par ailleurs, les services secrets pourront librement écouter les conversations téléphoniques des personnes soupçonnées d'extrémisme. Toute latitude leur est donnée, sans égard pour le respect de la vie privée des citoyens. Enfin, la diffusion d'informations sur certaines associations ou organisations non gouvernementales, qui font l'objet d'une restriction de leur activité, en vertu de la loi du 25 juillet 2002 sur la lutte contre l'extrémisme, est interdite.

En mars 2006, notre organisation avait déjà dénoncé les nombreuses pressions que subissent les sites d'information indépendants, au nom de la lutte contre l'extrémisme. Certains d'entre eux ont été censurés par les services de sécurité pendant plusieurs jours”, a ajouté l'organisation.

Que pensent de cette loi les 11 journalistes présents sur la liste pré-électorales du parti au pouvoir Russie Unie pour les élections législatives de décembre 2007 ? Sûrement que du bien, puisque la plupart des journalistes sont des collaborateurs de médias régionaux, filiales de la VGTRK (Compagnie Télévisuelle et Radiophonique Gouvernementale Russe). Sont également présents le rédacteur en chef du magazine Profil, Mikhaïl Leontiev et un journaliste du site Internet Vzgliad.ru, Constantin Rykov. Sur les 1246 personnes présentes sur cette liste, environ 600 candidats seront officiellement en lice.

Source image : RSF