La Très très grande entreprise : un très (très) gros navet

Par Mahee


En général, je ne suis pas fan de l’humour français "gras", comme dans les Bronzés, Camping ou encore Disco. Mais il arrive que ce genre de films me fasse rire, sans que je sache bien pourquoi (Brice de Nice notamment). Eh bien La Très très grande entreprise n’en fait pas partie. J’ai bien décroché quelques sourires pendant les 1h45 de film. Mais si peu. Quel ridicule ! Tout est grossier !

Note :


Le pitch : Zaccharias doit fermer son entreprise d’huîtres et Denis son restaurant à cause de la pollution engendrée par une grosse entreprise d'agro-chimie, Naterris. Au terme d’un procès de type l’Erika, le jugement tombe : les parties civiles seront dédommagées de 12 000 euros chacune. Pas suffisant pour rattraper des vies gâchées, estiment nos comparses, qui décident de faire appel. Mais voilà, pour remporter le procès, il leur faut un élément nouveau. Nos Robins des bois modernes se rendent alors à Paris, rejoints par une brunette un peu nunuche et un jeune minet, pour infiltrer l’entreprise et se saisir de pièces à conviction.
La Très très grande entreprise de Pierre Jolivet propose un mélange de films d’action de type Ocean et de thrillers axés sur la lutte contre les multinationales (The Constant Gardener ou Le Nouveau protocole). Le tout avec une (très très grande) touche de ridicule qui ne lâche jamais le film.
Que penser de l’appartement que loue la bande, insalubre à leur arrivée, que Marie Gillain, telle Cendrillon, retape entièrement (mais où se cache donc Valérie Damidot ?) ? De Denis qui entre dans la maison de l’un des employés de la firme, la fouille et en ressort sans aucun problème alors que la famille était présente ? De la facilité des protagonistes à être embauchés et mutés ? A pirater les systèmes informatiques et les coffres de l’entreprise ? Ou enfin de cet avocat venu exprès d’Inde qui sort de sa poche une dizaine de lourds dossiers accablant la multinationale ?
Niveau mise en scène, rien pour rattraper le film. Tout est moyen et on se lasse vite des plans moyens et des translations rapides. Quand à la "fiche informatique" qui présente les personnages, si elle peut s’avérer amusante, elle semble dater des années 1990 par son style...
Enfin, le casting est plutôt impressionnant (Roschdy Zem, Jean-Paul Rouve, Marie Gillain). Mais leurs répliques semblent toutes plus fausses les unes que les autres.
Bref, on peut certes s’amuser un peu pendant La Très très grande entreprise. Mais si peu qu’il vaut mieux attendre que le dernier film de Jolivet passe à la télé.