L'Histoire de ma vie

Par Marsyas De Phrygie

Je vais vous raconter ma vie. "Chouette !" entends-je crier dans le fond. En fait, c'est pour expliquer pourquoi je ne dessine que si rarement. On me pose très souvent la question. Je ne réponds jamais exactement, trop long à expliquer. Donc je vais l'expliquer à vous, vous qui en avez rien à foutre. Ironie du sort. Vous saurez plus de choses sur moi que ces autres.

Commençons.

Quand j’étais petit, je voulais être dessinateur ou artiste. L’univers me fascinait, créer son monde et tout le tralala. Jusqu'à un certain point, ça pourrait être une bonne chose de passer sa vie à faire ce qu’on aime.

Puis j’ai vécu, un peu.

Un jour j'ai eu très très faim. On m'a refait goûter un plat que j'aimais beaucoup, plat qui par la même occasion, m’a rappelé, de par leurs senteurs suaves, des souvenirs de mes tendres années, qui m’ont eux-mêmes rappelé la réminiscence du TOME 2 de à la recherche du temps perdu de Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust, auteur dont l’écriture m’horripile parfois, je me suis dit que je voudrais être goûteur. C’était l’illumination — qui est aussi le nom d’un recueil de poëmes d’Arthur Rimbaud, poètes du XIXème siècle née à Charleville, ai-je besoin de le préciser ?

Ouais bon. Comme tous les enfants du village, je voulais faire tous les métiers du monde (sauf les chiants). Ce qui m’a amené à un constat majeur : "C'est plus qu'impossible, c'est ((beaucoup) trop) difficile." (Louis Scutenaire)

Oh ! Basil mon mignon ! Quelle triste nouvelle m'apportes-tu là ? J’étais tellement attristé d’apprendre que je ne pourrais réaliser “qu’un seul de mes rêves” (et encore, si je ne fais pas trop de fautes d’orthographes).  Alors s’il en devait rester qu’un seul... s'il en devait rester qu'un seul... ce serait celui d’artiste car

1. je m’en fous de l’argent
2. mon job sera 80% de ma vie autant que ce soit un truc supportable

Voilà qui est dit, voilà qui n'est pas encore fait. Je me suis lancé corps et âme dans le dessin. Pas de pot pour mes études, cette passion commençait à ronger mon existence de petit garçon sage. J'y consacrais plus de temps qu'aux études. Vous me direz qu’en CE2, ce n’est pas trop un problème.

A l’âge de 11 ans, mon père m’emmèna à Osaka pour irradier cette dépression précoce. Il m’a présenté Keiji Inafune, son studio afin qu’il me montre les méandres de la vie d’artiste…

Echec total, de retour en France, j’avais dix fois plus envie d’être artiste. La réaction de mon père ne s’est pas faite attendre. Pendant les vacances d’été, il m’a envoyé trêmer avec ceux d'Origin Systems (Robert Garriott étant un ami d’un ami de mon père, dont le cousin est marié avec une proche cousine de Gariott, cette dernière bossait dans l’entreprise de l’ami de l’ami de mon père, ou un truc comme ça, bref un truc assez complexe) pour “faire mon futur métier”.

Depuis cette espèce de stage bizarre, je n’ai plus voulu être dessinateur.

A 12 ans, Reintjes, mon professeur d’anglais, me fit découvrir Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde, découverte qui aura le mérite de bouleverser mon existence.

Presque une décennie après, je continue à dessiner et à peindre, l’art fait toujours partie de mon quotidien mais je n’entretiens plus tout à fait les mêmes relations avec lui. Certains amis me reprochent quelques fois de ne pas avoir osé aimer, je me plais parfois à leur répondre qu’en amour c’est moi qui en connais le plus long.

ps. c'est fou ce qu'on est capable de dire pour attirer l'attention/ne pas regarder la réalité en face/effacer des regrets