572] Le Prince du PAF en terres hévètique !

Publié le 06 décembre 2008 par Florine

Prince du PAF, Stéphane Bern joue à la marmotte dans son terrier

PEOPLE | Le chroniqueur mondain fuit la monotonie et ne fait pas du week-end une parenthèse.

FLORENCE MILLIOUD HENRIQUES | 06.12.2008 | 00:01

© ÉDOUARD CURCHOD | Le papier? Stéphane Bern avoue «avoir besoin de la presse écrite. Contrairement à la télé, elle apporte tous les jours de l’info de fond avec un vrai recul sur les choses. Je fais ma propre revue de presse et découpe ce qui m’intéresse.»

Bien sûr..., chaque année, Stéphane Bern passe un week-end – Bal de la Rose oblige – sur le rocher monégasque. Et, évidemment, il fait palais commun avec les Grimaldi. Et c’est? «Simple. Agréable. Mais aussi très drôle, on s’amuse bien.» Parmi les immuables de l’agenda du plus trublion des chroniqueurs mondains figure encore le bristol pour l’escapade écossaise «au château d’une amie». Ou l’invitation à rejoindre les terres normandes du château Champs-de-Bataille. Bref, une vie de donjon en palais. De cocktails en festins. Mais surtout de trompeuses apparences. «En fait, on m’imagine plus mondain que je ne le suis. Je sors la semaine, oui. Je m’éclate tous les jours au travail, alors je n’attends pas le week-end pour le faire. Si j’accepte une invitation, c’est exceptionnel.»

Son terrier. Ses livres par centaines. Ses archives sur les monarchies européennes. Pour le week-end, il n’y a que ça de vrai! Avec, en prime, un fond sonore composé par Vivaldi, Haydn et Mozart. Et chut, silence. «De très bavard en semaine, le téléphone devient muet le week-end. Le rêve.» Plutôt adepte de l’enthousiasme communicatif et du bonheur de le dire en un flot de paroles ininterrompu, Stéphane Bern sait aussi assumer un camp retranché. Casanier, mais surtout pas misanthrope. «C’est rare, mais il m’arrive de ne pas sortir, et de ne parler à personne de tout le week-end. Je sais que ça en angoisserait plus d’un, pas moi! J’adore.»

Le fait du prince? En quelque sorte. Timide mais soigné, converti extraverti joyeux, le prince du paysage audiovisuel français, rédacteur en chef adjoint de Madame Figaro, auteur et producteur, décortique les destins, mais le sien, il le tient entre ses mains. Il voulait raconter des histoires, c’est mission accomplie. Il aspirait à faire partie du spectacle, son rêve est réalisé.

L’échec? Le revers? Difficile à nier, les mots existent. Les expériences aussi. Par contre, le défaitisme, la faute reportée sur l’autre, son mental volontariste comme son appétit mâtiné d’ambitions les excluent du vocabulaire. L’homme est acteur de sa vie. Inapte pour l’ennui, mais capable de laisser son esprit vagabonder. «Assis dans une gare, dans un train ou dans un avion. A ne rien faire. Si ce n’est prendre du recul.»

A l’exact opposé des week-ends passés à maudire Baden Powell. «Déguisé et enrôlé de force par volonté paternelle chez les scouts.» Objectif? «D’interminables promenades, sac au dos, souvent sous la pluie. Il paraît que ça forge le caractère…» Cette époque des joues rosissantes de santé au grand air passée, Stéphane Bern a rompu avec les incontournables de l’adolescence. «Se trémousser sur une piste de danse?» Considéré «beauf»; l’obligatoire sortie du samedi soir n’est pas le genre de la maison. Mais ce sont surtout les rituels que fuit ce fantaisiste par nature. Une soupe et au lit… Le programme n’est pas inimaginable pour une veille de Noël ou un soir de Réveillon. C’est même du vécu ces dernières années.
Le casanier, le retour? Avec des nuances! Assis au milieu de liasses de journaux, des ciseaux à la main, il fait sa revue de presse. «Je dévore la presse écrite, j’ai besoin de son recul.» Le week-end, c’est encore jour de marché. Des dîners entre amis, «surtout le dimanche soir, pour jouer les prolongations», ou des goûters en famille. Ni déco ni brico, et encore moins cuistot – «pour faire du poisson, il y a deux manières: le steamer ou la papillote» –, le gentilhomme remplit sa vie de bonne humeur. «Au réveil, toujours! Je peux caler un peu plus tard dans la journée, jouer au grognon, mais rarement plus de cinq minutes.» Ce qui l’énerve? L’amateurisme qualifié et les prétentieux. «Au fond, on n’est tous que des bouffons.» 

Le 19e Montreux Festival du Rire étant sur sa lancée jusqu’au 11 décembre, Stéphane Bern a ouvert les micros du Fou du Roi en direct de Montreux.


MES ADRESSES
Le Louvre, ouvert tous les jours de 9 h à 18 h, gratuit le premier dimanche de chaque mois.
➜ «J’y vais très souvent, j’adore. Il y a toujours quelque chose de différent à découvrir. J’y vais aussi pour revoir les salles de peinture
ou les appartements de Napoléon III.»
Trattoria Dell’Orto, rue Saint-Georges 45, Paris.
➜ «Dans ce resto italien, tout près de chez moi, ils font d’excellentes pâtes. J’ai une préférence pour les Norma, qui sont à base d’aubergines.»
Librairie Galignani, rue de Rivoli 224, Paris.
➜ «J’y vais tous les samedis, ils ont tous les livres d’art, d’histoire, ou sur les monarchies d’Europe. C’est une vraie librairie.»


– Etes-vous collectionneur?

– D’abord, je suis très conservateur, je garde tout. On dit souvent qu’on fait l’inverse de ses parents. Bingo! Ma mère jetait tout. Un jour, elle m’a annoncé: «T’as passé l’âge, tu n’as plus besoin de tes cahiers d’école ou de tes dessins.» J’ai hurlé, mais… trop tard. Mon enfance était partie à la poubelle et j’étais furax, moi qui suis incapable de jeter. C’est un crève-cœur, alors j’entasse les cartons d’invitation comme les billets de spectacles que j’ai aimés, et j’ai la chance d’avoir une grande cave. Pour les livres, j’ai trouvé la parade: les romans partent dans ma maison en Grèce, et je conserve les livres d’histoire à Paris. Sinon, oui, je collectionne. Les boîtes à biscuits royales et en fer- blanc, les timbres émis par les postes française et luxembourgeoise, les cartes postales royales. Ou encore les grosses tasses, les mugs. Rien d’onéreux…

– Plutôt cigale ou plutôt fourmi?
– Je n’ai aucun goût de luxe et déteste les produits faire-valoir, m’as-tu-vu. D’ailleurs, je ne porte pas de montre – la faute à une allergie à l’acier, mais pas seulement –, alors que mes clefs de voiture sont celles d’une Mini Cooper et pas d’une grosse cylindrée. Exception faite de ma maison en Grèce, pour laquelle je ne compte pas, je ne suis pas dépensier. Ou peut-être, si, pour les voyages. J’aime voyager agréablement.

– Un confort d’épicurien?

– J’aime les bons vins, mais un verre fait mon bonheur. Pas besoin d’en abuser. Personne ne peut témoigner de m’avoir vu gris ou, pire encore, saoul. Et j’avoue, je suis aussi très gourmand, alors je lutte. Le chocolat. Aïe! Le chocolat. Je suis totalement incapable de résister. Mais, membre depuis peu – et très fier de l’être – du très sérieux Club des croqueurs de chocolat, je ne prends que du bon. De préférence très amer, avec une forte teneur
en cacao.

– Et… un peu de sport avec tout cela?
– Un peu! Là, j’ai mis la démultipliée parce que je suis en période de «dégraissage». Comprenez d’amaigrissement. Oui, je me trouve trop gros.

– L’image, toujours l’image!

– Ce sont les autres qui vous renvoient l’intérêt pour votre image. Ce besoin de la cultiver. Pour moi, que je sois en frac, en smoking, en costume ou dans ma tenue radio – jeans-baskets comme aujourd’hui – , je suis toujours le même. Donc, réponse à la question: la sincérité prime sur l’image. F. M. H.

source : www.24heures.ch Florence MILLIOUD HENRIQUES 06.12.2008