Faut-il avoir peur de son inconscient ?

Publié le 07 décembre 2008 par Jcgbb

La méthode de Freud est simple, son principe rationnel, mais ses résultats sont polémiques. Quelles qu’aient pu être la rigueur de ses raisonnements et la prudence avec laquelle il exposait ses idées, l’admission d’un inconscient psychique ne va pas sans peine. Comment un sentiment vécu peut-il passer inaperçu ? Comment avoir des intentions qu’on ignore, des désirs qu’on réprouve ? Comment une tendance personnelle peut-elle être méconnue et non reconnue ?

Il faudrait qu’un projet oublié, un lapsus, un objet cassé, un rêve incohérent soient désirés, sans que je le sache, sans que je le veuille. Il faudrait que je désire ce que je ne sais ni ne veux désirer. L’inconscient semble absurde parce qu’il entre en contradiction avec mes idées conscientes. Mais comment expliquer ce que je ne comprends pas de moi, rêves et actes manqués ?

Freud ne concevait pas qu’il puisse y avoir des actes et des pensées sans cause. Comment quelque chose pourrait-il survenir en l’homme sans être produit ni par le corps ni par l’esprit ? Rien n’arrive sans raison, et la raison principale qui fait agir les hommes, en dehors du corps, est le désir. Freud n’invente rien d’extraordinaire, mais confirme, en l’étendant au-delà de la sphère de la conscience, la vie désirante de l’homme.

Lorsque la vigilance baisse, que l’attention décline, que les efforts sont réduits, les désirs naturels (désir de plaisir, répugnance à la souffrance) reprennent des forces, s’élancent à nouveau et percent à travers les mots, les gestes, les songes. Qui aime le constater ? Ce fond permanent, infantile, qui fait de chacun un être faible et avide malgré les apprentissages et les progrès, qui aime se rappeler qu’il est aussi sa réalité ?

Sans fantaisie particulière Freud nomme inconscient ce que le moi résiste et refuse le plus souvent à admettre consciemment, l’ensemble des désirs premiers, primaires, persistants, difficilement acceptables à l’âge adulte. Il n’y a pas d’Inconscient. Il n’y a que des pensées et des désirs,  vécus tantôt aisément, tantôt difficilement.