La prise de Rome par les Gaulois

Par Amaury Piedfer
Entre 390 et 386 av. J.-C., les troupes gauloises menées par Brennus écrasent l'armée romaine près de la rivère Allia, à quelques kilomètres au nord de la ville de Rome, puis investissent cette cité, qui était à l'époque l'une des principales puissances d'Italie centrale. Obtenant une rançon très importante pour libérer la ville, les Gaulois repartent vers le Nord ; les historiens romains racontent qu'alors Camille, chargé de poursuivre les ennemis, aurait récupéré le trésor après une victoire rédemptrice, dans les environs de Pisaurum.Certains d'entre ces Gaulois s'établiront néanmoins définitivement en Italie du Nord et du Centre, comme les Sénons, dans les Marches actuelles, après une probable phase de mercenariat au service des principaux Etats de l'Italie, notamment auprès de Denys, tyran de Syracuse.Cette épopée a donné lieu sous la plume des Romains à toute sorte de légendes et de mythes, dont l'objet était de donner une interprétation intelligible et acceptable de cet événement désastreux. D. Briquel, professeur de latin à la Sorbonne, se propose de décrypter la structure et le sens de ces constructions historiographiques et mythiques.
Présentation de l'éditeur :
En 390 av. J.-C., les Gaulois s’emparent de Rome et détruisent la ville dans un gigantesque incendie : les Romains des temps ultérieurs avaient gardé un souvenir effrayé de cette catastrophe, la seule fois de leur histoire où leur ville avait été prise par l’ennemi. En réalité, le récit grandiose que les historiens de l’Antiquité faisaient de l’événement a très largement déformé ce qui s’est réellement passé : les Gaulois se sont contentés de repartir de Rome, sans l’incendier, avec la rançon que leur ont versée ses habitants. Mais ceux-ci ont donné une présentation des faits démontrant comment ils ont été capables, au plus profond du désastre, de trouver en eux-mêmes les ressources qui leur ont permis de surmonter la crise : celle-ci n’est que la transposition d’un vieux schéma mythique qu’on retrouve chez plusieurs peuples indo-européens et où était relatée la victoire des dieux sur les démons lors de la crise eschatologique qui verra leur affrontement à la fin du monde.
D. Briquel, La prise de Rome par les Gaulois. Lecture mythique d’un événement historique, Presses Universitaires de Paris-Sorbonne, Paris, 2008.
Amaury P.