Cher Père Noël…

Publié le 18 décembre 2008 par Suzy S

Je sais, je bats encore des records de retard pour ma lettre. L’an prochain, vous devriez la recevoir pour le 27 décembre…

Je ne sais pas quoi vous écrire. Non pas que je ne sache pas ce que je veux au pied de mon sapin, des envies, j’en ai pas mal en ce moment, seulement rien que je ne puisse vous demander :
- Un panneau de sortie de la ville de Wx
- Une vie ailleurs
- De la gentillesse / tendresse
- Des sourires
En bref, toutes ces choses qui me font tant défaut ces derniers temps. Alors je peine à vous écrire…

Je me suis documentée sur l’art de vous écrire. J’ai donc commencé une autre lettre, cherchant à vous appâter avec un bon verre de gnole et une ligne de coke sur la tablette près du sapin mais vous connaissez Sushi, elle aurait tout sifflé avant votre passage. Oh de toute façon, cette lettre lèche-botte à mort n’était pas transcendante. Et puis bon, elle manquait cruellement de crédibilité : « ai été bien sage… une gentille petite fille… » Hey ! C’est pas moi ça ! Je ne suis pas gentille ! Je n’ai même jamais eu la prétention de le prétendre. Alors j’ai zappé tout ce charabia et cette lettre au père Noël si matérialiste.
Oui parce que je l’avais écrite comme une gamine, avec liste et caprices à la clef : Mangas, chaussures de fée, précommande des sims 3 ou encore nouvelle housse de couette…

Puis il y a eu une autre lettre, plus sensible, plus honnête, plus… digne d’une névrosée chez son psy. Ca fait des mois que je fais semblant d’aller bien, des mois que mon sourire est faux et poli, des mois que je m’emmerde à en crever, si bien que je m’en perds moi-même en route. Chaque matin, je n’ai qu’une hâte, que cette journée se termine. Mais à quoi bon ? Puisque demain sera pareil…
Je ne demandais pas grand-chose dans cette lettre, juste une chose : une main tendue (résume la vie ailleurs, la gentillesse, la tendresse et les sourires…)
Puis je me suis dit que ça faisait vraiment trop désespérée et que fière comme je suis, je ne pouvais dignement pas vous envoyer un tel récit. Alors poubelle.

Lors de ces quelques jours où j’ai renoncé à vous écrire, il y a eu une liste absurde et non exhaustive de ce que je voulais : des neurones pour Sushi, un balcon, regarder la saison 3 d’Eureka, le panneau Wx barré en rouge, une poupée vaudou, des chaussures de fée, la peluche de Polochon dans la petite sirène, être la petite sirène, être maman, publier de courtes nouvelles pour un magazine féminin, installer des rideaux dans une maison au bord de la mer, un album de Charlie (mais elle n’en a pas encore sorti), crier dans une tempête, un réveil en forme de marguerite, être amoureuse pour de vrai (pas une de ces amourettes de passage habituelles), une deuxième Pullip, oirre un thé avec le Diable, vivre dans un vieux château avec une bibliothèque plus grande que mon appartement, un chien affectueux et calme, me faire une overdose de films musicaux des années 50, suivre des cours de LSF, ne plus me sentir seule, changer de région, rire, aller à la pêche, avoir de l’inspiration pour le design de mon blog version 2009, dormir dans un bateau pirate, avoir quelqu’un chez qui débarquer le soir à l’improviste et qui serait ravi de me voir, voyager un temps avec un cirque… Et il y en avait encore tellement d’autre ! Je veux de la poésie, de la magie, de la piraterie, des vampires, de la neige, de la tendresse !

Finalement, j’ai trop eu la flemme de trier cette liste, retirer les cadeaux impossibles, les cadeaux auxquels je n’ai pas le droit, ceux que je ne pouvais décemment pas demander.

Alors voilà. Je vous ai écrit cette lettre, espérant qu’elle ne vous sera pas trop pénible à lire ni à déchiffrer. Je ne sais pas vraiment ce que je veux comme cadeau de Noël car mes souhaits ne s’emballent pas dans du papier brillant avec un gros nœud. Certains se vivent, d’autres se volent, pour la plupart, je ne peux que les imaginer… au mieux me les créer moi-même ?
Toujours aussi dur c’être une fille !

Bon voyage,
Bellule

PS : pancakes et thé noir pour la pause casse-croute, ça vous va ?