Digitalism, la tête et les jambes

Publié le 08 août 2007 par Sami Battikh

Digitalism a une grande qualité. Oui, ces Allemands venus de Hambourg (là où les Beatles ont été vraiment découverts, aiment-ils à rappeler) savent mieux que quiconque marrier les contraires. On avait déjà pas mal accroché à Idealism, première galette sortie grâce à l'activisme d'un hargneux label français, Kitsuné music. On s'était alors rendu compte que Jens Moelle et Ismail Tuefekci aimaient faire mumuse avec tous les sons qui ont le malheur de traîner autour d'eux. Ils aiment aussi jouer avec leur voix, tellement triturée qu'on est en droit de se demander à la fin si on parle bien toujours de voix, oui ou non.


Mais la force du duo est ailleurs. Elle réside dans cette formidable capacité à trouver une alchimie entre sonorités dancefloor référencées et travail expérimental indéniable. Avec Digitalism, le péquin moyen devient pote avec le fan averti. Tour de force.


Dansant sans tomber dans le racolage actif, Chercheurs de sons, mais sans te prendre la tête. Idealism, le genre d'album electro qui t'autorise à squatter ton canapé comme une larve sans bouger, pour mieux apprécier les petites touches qui différencient Digitalism du premier groupe electro venu. Mais aussi le genre d'album à bien passer le cap du live. 
Ca se passait notamment vendredi dernier du coté de la Carène, toute nouvelle salle de musiques actuelles à Brest investie le temps d'une soirée par Astropolis, LE festival electro de cet été. Le canapé est alors bien loin, balancé derière la régie. Fini de jouer, c'est l'heure de remuer les fesses. Pas trop quand même, parce que les p'tits futés font aussi dans la nuance sur scène et sollicitent sacrément les oreilles. Des montées, des ruptures et cassures caractéristiques, des retouches à leur titrres, etc. Un travail d'orfèvre. Qu'on tourne à la vodka pomme, aux prods en tous genres, ou au sirop de fraise, ce groupe t'embarque, et possède une fâcheuse tendance à te laisser sur le cul. Canapé ou pas.