Qu’est-ce que l’individualisme ?

Publié le 21 décembre 2008 par Jcgbb

Il y a au moins quatre manières de définir ce terme. Individualiste, tout d’abord, est celui qui se pense capable de décider de ses valeurs, de ses croyances et de ses pensées en général, indépendamment des influences qu’exercent sur lui sa famille ou la société de son temps. C’est ce qu’on pourrait appeler l’individualisme philosophique, en ce qu’il repose sur une certaine conception de l’individu pensé comme sujet, ou comme principe : l’homme n’est pas, en droit, assujetti à la pensée de son temps. Il peut penser autrement, il peut avoir sa pensée.

De cette reconnaissance découle une certaine valorisation de l’individu, la volonté de lui conférer une valeur particulière, de défendre et de protéger ses différences, quelles qu’elles soient. C’est l’individualisme en un sens moral, moralisateur, ou encore social car on admet alors que la société est au service des individus, et non eux à son service.

Insensiblement, cette valorisation donne naissance à une troisième version, psychologique cette fois, qui porte plus directement sur les comportements individuels eux-mêmes : l’individualisme consiste alors à ne plus penser qu’à soi, à son épanouissement personnel et à la réussite de son existence. Le bonheur privé devient le but absolu de l’existence, l’individu devient son propre dieu - et c’est toute la société, en son idéologie fondamentale, qui devient individualiste : quatrième sens.

De l’autonomie à l’égoïsme en passant par la dignité, du respect des différences à l’indifférence généralisée, y a-t-il fatalité ou d’autres possibilités ? Nietzsche développait une philosophie « individualiste » en rupture avec ces quatre significations : le véritable individu n’est pas personnel, mais créateur. Sa plus haute valeur n’est pas la coïncidence mais la transcendance. Il ne se fait pas centre, mais se décentre par ses œuvres. Il y parvient enfin non par le rejet des traditions mais par leur absorption…