Une modeste victoire qui fleure bon le gaz

Publié le 06 janvier 2009 par Alain Hubler

Lorsque vous faites de la politique dans les rangs de la «gauche de la gauche», il est assez rare d’obtenir des succès. C’est pourtant ce qui m’est arrivé dans le cadre du Conseil intercommunal de l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis.

Suite à une motion que j’ai déposée le 24 avril dernier, le Comité directeur de l’association précitée a décidé de prendre des mesures incitant la flotte des taxis lausannois à recourir à des véhicules fonctionnant au «gaz naturel».

Ainsi, la société Gaznat octroiera une subvention supplémentaire de 500 francs – qui vient s’ajouter à l’actuelle de 1000 francs – pour l’achat d’un véhicule neuf fonctionnant au gaz. Pour leur part, les Services industriels de la Ville de Lausanne consentiront un rabais de 5 % sur ce carburant. Enfin, pour tous les véhicules utilisant des sources d’énergie alternative, la taxe annuelle de 88 francs, due au Service intercommunal des taxis, est abrogée.


Si l’on ajoute que le gaz naturel revient 40 % moins cher* à l’usage, que la taxe automobile cantonale est divisée par deux et que les assurances accordent un rabais de 25 %, il devient très intéressant pour les taxis de changer de carburant à la première occasion.

Cela devient même tellement intéressant que, s’il n’en avait tenu qu’à moi, l’incitation aurait cédé le pas à une obligation. Mais bon, dans une société qui croit encore à la libre concurrence non faussée et aux lois du marché, cela ne se fait pas.

Mais je ne suis pas dupe, ces mesures ne sont qu’incitatives et beaucoup de chauffeurs de taxis continueront à rouler sur leur marque fétiche et avec un carburant plus «valorisant». Il paraît que les moteurs à gaz sont «mous» … Les grandes compagnies de taxis, qui dépendent d’un garage et qui sont liées à un constructeur, continueront à rouler sur les modèles de ce dernier, même si elle ne propose pas de véhicule fonctionnant au méthane (suivez mon regard …). Mais ne désespérons pas, il y a bien quelques indépendants et quelques compagnies qui finiront par être séduits par les avantages environnementaux, financiers et d’image de ce type de véhicules.

Cela dit, même si le gaz est moins polluant que d’autres combustibles fossiles, ce n’est pas l’usage de celui-ci qui va permettre de régler efficacement les problèmes d’émission de gaz à effet de serre. Ce d’autant plus que le méthane est acheminé par des gazoducs qui, parfois, ont tendance à fuir et à laisser s’échapper leur précieuse cargaison dont l’impact sur le réchauffement climatique est 42 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone à l’horizon de cinquante ans. Merci messieurs les gaziers de colmater au maximum vos fuites.

La meilleure lutte contre la production de gaz à effet de serre reste bien évidemment l’extrême modération dans les déplacements et le recours à la mobilité douce.

Cela dit, ma prochaine petite lutte : essayer de faire en sorte que la police lausannoise accepte enfin de rouler en voiture à gaz. Celle de Saint-Gall a bien l’air de s’y faire.

  • *Ce qui ne saurait durer depuis que les pays producteurs de gaz ont créé, le 23 décembre dernier, une sorte d’OPEP gazière.