Dérapages hivernaux.

Publié le 11 janvier 2009 par Ansolo

Pendant que les cousins à ballon rond annulent leurs rencontres pour cause de terrains gelés, les rugbymen du Top14 (et de ProD2) ont disputés leurs rencontres. L'horaire des matches - en après-midi, et leur localisation - dans le sud de l'hexagone, peuvent expliquer l'absence de report. Encore que les rencontres disputées à Grenoble ou à Tarbes, sans parler de Brive en soirée, viennent nuancer cette explication.

Bref, on a joué au rugby ce samedi. Et malgré un froid souvent polaire, certains esprits se sont échauffés. Au point de déraper de manière inqualifiable.

On pense évidemment à Julien Frier, le capitaine de Bourgoin, qui s'en est pris à l'arbitre du match qui opposait son équipe à Perpignan, Monsieur Matheu. Après avoir reçu un carton jaune, le Bejallien s'est énervé après le directeur de jeu, le traitant notamment de "malhonnête". On se dit que sans l'intervention des ses coéquipiers, Julien Frier aurait très bien pu commettre l'irréparable.

Quoiqu'on pense de Monsieur Matheu, et de son arbitrage, il n'est pas acceptable qu'un joueur de rugby, et capitaine de son équipe qui plus est, se comporte de la sorte. La professionalisation du rugby et la pression supplémentaire qu'elle peut faire peser sur les joueurs n'est pas une excuse. Même si Julien Frier n'est pas un joueur méchant ou irréspectueux habituellement, il doit être puni de manière exemplaire.

Autre comportement difficilement acceptable, celui de Richard Dourthe, qui s'est attaqué vertement à l'arbitre Anglais Rob Debney, qui officiait hier lors du Montauban - Bayonne. Alors que les observateurs neutres de la rencontre n'ont pas forcément relevé d'incohérence dans l'arbitrage du Britannique et que les images semblent lui donner raison dans les situations relevées par Richard Dourthe, ce dernier a tenu des propos qui n'honorent pas vraiment le joueur qu'il fut et le manager qu'il est à présent. Son enthousiasme et sa soif de victoire sont un plus pour l'Aviron. Il ne faudrait pas qu'il porte préjudice à son club en ayant un tel comportement.

Entendons nous bien. Il n'est pas question de prôner un rugby aseptisé. Les critiques font aussi partie du jeu. Mais il ne faudrait pas que les dirigeants de club prennent l'habitude de masquer les carences de leur équipe en accusant systématiquement l'arbitre. Surtout quand ils ont tort sur le fond...

Sur le plan sportif, le dérapage du jour est à mettre sur le compte du Castres Olympique. Défait à Pierre-Antoine par le Biarritz Olympique, les coéquipier de Lionel Nallet paient leurs erreurs et le retour de la réussite dans le camp Biarrot. Un petit point séparait les deux équipes au terme d'une rencontre qui valait plus pour son suspens que pour le jeu pratiqué par les protagonistes. Cette fois, ce "petit point" est en faveur du BO, qui en termine donc avec une triste série de huit défaites de rang.

Pas vraiment de dérapage côté Montpelliérain. Simplement la confirmation que l'équipe est encore largement perfectible. Après avoir reçu la leçon du maître Toulousain, le MHRC a poursuivi son difficile apprentissage face à l'ASM. Le président du club Héraultais reconnait que ses propos ("le Brennus dans 3 ans") ont peut-être desservi son équipe. Sans doute, tout comme les approximations offensives et défensives. Les jeunots ont été à la peine, notamment François Trinh-Duc. Peut-être l'approche de l'annonce de la sélection pour le Tournoi a-t-elle poussé le jeune talent à en faire un chouilla trop.

On souhaite à Toulon de continuer à s'accrocher comme il le fit hier soir à Brive. Le RCT nous a offert une belle deuxième mi-temps, malheureusement non concrétisée au tableau d'affichage. Mais il y a encore trop de lacunes, en particulier dans le soutien offensif. Autre point noir, l'absence de jeu au pied pour déplacer le ballon et occuper le terrain adverse.

En face, Brive n'a pas fait preuve de beaucoup d'efficacité et confirme qu'il y a encore du travail pour espérer jouer un autre rôle que celui de trouble-fête de milieu de tableau.