Les campagnes de Survival

Publié le 22 janvier 2009 par Catamarca
En 2003, ou peut-être 2004, en traînassant chez Nature et Découvertes, je tombe sur un dépliant de l'asso Survival International. Maintenant vous êtes habitués, je vous en repasse une couche régulièrement. C'est que je suis convaincue. Chacun est plus sensible à un combat qu'à un autre. Pour certains l'égalité sociale, pour d'autres les moyens de combattre les maladies et d'en donner l'accès aux plus pauvres. Pour moi, c'est la lutte pour le respect des droits des peuples indigènes. Le dépliant de Survival est sommaire, mais pareil, ça m'a convaincue. J'ai adhéré. Pour me remercier de mon adhésion, j'ai reçu un numéro des Nouvelles de Survival. Et en première page des Nouvelles, viennent les "Echos des Campagnes".. pour vous donner une idée, voici ce qu'on peut y trouver ce mois-ci :

Indonésie : Catastrophe humanitaire ?

En Papouasie occidentale, le choléra qui a fait 291 victimes papoues depuis le mois d'avril, fait craindre une épidémie majeure. Survival a exhorté le gouvernement indonésien et l'OMS à prendre des mesures d'urgence.

La Papouasie occidentale se distingue également comme étant la province indonésienne la plus touchée par le virus HIV/sida, avec un taux de contamination 15 fois supérieur à la moyenne nationale.

Une récente étude a révélé que 4 200 personnes de la seule région de Punkak Jaya étaient infectées et les experts prévoient une augmentation de 200% de ce chiffre dans les cinq prochaines années.

L'exploitation forestière et autres activités économiques, souvent soutenues par l'armée, ont attiré des prostituées en Papouasie qui ont contribué à propager la maladie. Les Papous quant à eux pensent que l'armée indonésienne a délibérément introduit le virus comme outil génocidaire.

L'accès à la Papouasie occidentale étant interdit aux médias internationaux et aux observateurs des droits de l'homme, le gouvernement et l'armée peuvent agir en toute impunité. Un pourcentage infime du budget sanitaire de la Papouasie est affecté aux peuples indigènes de la région. Paula Makabory, porte-parole d'une organisation papoue de défense des droits de l'homme, appelle à une plus grande liberté politique en Papouasie occidentale pour que des organismes de santé internationaux puissent porter assistance aux communautés locales et ainsi éviter une catastrophe humanitaire.

Crainte de représailles

Par ailleurs, les Papous craignent les représailles de l'armée indonésienne après la récente attaque à la bombe de la mine Grasberg par des militants indépendantistes dont l'objectif était de paralyser l'activité minière et d'attirer l'attention de l'opinion publique sur les violations des droits de l'homme et la destruction de l'environnement que la mine provoque. Survival a appelé l'armée indonésienne à opérer avec la plus grande réserve et à garantir qu'elle ne s'en prendra pas à des civils innocents.

 

Brésil : Les droits territoriaux guarani contestés

Suite aux protestations d'associations de paysans fermement opposés à sa démarcation, la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement, a suspendu les études en cours en vue de l'identification du territoire des Indiens guaranide l'Etat du Mato Grosso do Sul.

Les Guarani luttent depuis des décennies pour récupérer les terres dont ils ont presque totalement été dépossédés. Avec l'expansion rapide de la culture de canne à sucre et de soja, ils ont été entassés dans de petites réserves ou forcés de camper au bord des routes. Contraints de travailler dans des conditions d'esclavage dans les plantations, ils souffrent de malnutrition, de violence et d'alcoolisme. Profondément affectés par le manque de terres, le taux de suicide chez les Guarani n'est égalé nulle part ailleurs en Amérique du Sud. Au cours des vingt dernières années, plus de 500 Guarani se sont donné la mort.

Malaisie :Violences sexuelles au Sarawak

Des femmes penan ont porté plainte contre des bûcherons de deux des plus importantes compagnies malaisiennes d'exploitation forestière, Samling et Interhill, pour harcèlements sexuels et viols.

Les Penan vivent au Sarawak, dans la partie malaisienne de l'Ile de Bornéo. Ils luttent depuis plus de vingt ans contre la destruction de leurs forêts par les compagnies d'exploitation forestière. Les plaintes n'ont pour l'instant abouti à aucun résultat.

Un projet secret de barrages

Publié par erreur sur internet, un document confidentiel émanant de la direction de la compagnie Sarawak Energy Berhad qui contrôle la production et la distribution de l'électricité dans l'Etat, a révélé un important projet de construction d'une série de 12 barrages hydroélectriques qui engloutiraient les villages d'au moins mille Penan, Kelabit et Kenyah et provoquerait le déplacement d'un millier de personnes.

L'un d'entre eux engloutirait une partie du parc national de Mulu, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Bangladesh : Meurtre d'un Jumma

A la mi-août, dans la région de Sajek, dans les Chittagong Hill Tracts,

Ladu Mani Chakma, un Jumma, a été poignardé à mort par un groupe de colons bengali.

Depuis soixante ans, des centaines de milliers de colons ont été installés dans cette région, expulsant les Jumma et les soumettant à une violente répression. En avril, après plusieurs conflits territoriaux, des colons avaient incendié sept villages jumma dans la région de Sajek avec le soutien de l'armée, brutalisant leurs habitants, y compris les femmes et les enfants.

En 1997, le gouvernement avait signé un Accord de paix avec les Jumma en vertu duquel il s'engageait à retirer les bases militaires installées dans la région et à mettre un terme à la spoliation de leurs terres par les colons et l'armée. Mais les camps militaires sont toujours dans les Hill Tracts et violences et spoliations n'ont pas cessé. Depuis que l'état d'urgence a été déclaré en janvier 2007, les mauvais traitements se sont multipliés. La Commission internationale des Chittagong Hill Tracts a mené une enquête début août sur les violations des droits de l'homme dans les Hill Tracts.


Voilà, ce sont deux pages, pleines de ces nouvelles... Quand j'ai reçu mon premier numéro, ça m'a donné la nausée. Je suis tombée de mon petit nuage. J'avais l'impression d'être retombée au temps des conquistadores, je pensais que les pratiques du viol sur des populations indigènes en vue de les éradiquer étaient restées au Moyen-Age. Ben non. Ce premier numéro a terminé de me convaincre que je faisais bien. Maintenant je n'ai plus les moyens d'adhérer... mais j'en rate pas une pour diffuser. J'ai même créé une cause sur Facebook, si si...
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