L'Auvergne aujourd'hui

Publié le 29 janvier 2009 par Gérard Charbonnel @gcharbonnel
Une nouvelle image

Longtemps, l'Auvergne a souffert de l'image négative d'une région éloignée, difficile d'accès, enclavée, loin du modernisme, à l'écart des grandes voies de communication, bénéficiant seulement de l'attrait de ses paysages grandioses et de son patrimoine bâti trop souvent méconnus et sous-estimés. S'il faut bien reconnaître que ce fut en partie le cas, aujourd'hui, en ce début de XXIe siècle, la région opère une mutation, depuis déjà plusieurs années. L'Auvergne se désenclave, développe ses infrastructures routières, aménage ses aéroports, modernise son réseau ferroviaire... Aujourd'hui, la " terre des grands espaces ", s'ouvre aux régions voisines, s'inscrit dans une dynamique de développement, s'implique dans la modernité et offre de fait, une toute autre image... loin des clichés d'Epinal.

L'agglomération clermontoise au pied de la chaîne des puys

L'activité industrielle 

Des grands groupes mondiaux tels Michelin ou Limagrain aux petites PMI/PME, les entreprises auvergnates s'organisent, se modernisent et se développent autour de deux principaux pôles économiques : l'agro-alimentaire et les biens intermédiaires. Certes, le pneumatique occupe toujours une place de choix dans la patrie de Bibendum mais la production énergétique a évolué notamment dans les anciens bassins miniers de d'Issoire-Brassac et de Montluçon-Commentry où l'exploitation du charbon a quasiment disparue. Là, d'importants efforts de reconversion se sont opérés et aujourd'hui, de nombreuses entreprises travaillent dans la transformation des métaux, la plasturgie, la mécanique de précision ou les laboratoires pharmaceutiques. Le charbon et le coke ont cédé la place à l'aluminium, au caoutchouc, à l'aéronautique, à la pharmacie, à la chimie. 

L'activité agro-alimentaire, autre secteur industriel important dans la région, s'est édifiée autour de la production de fromages, d'eaux minérales et des céréales de la Limagne. Elle concourre avec les activités plus traditionnelles comme le travail du bois, à donner de l'Auvergne, une image positive, notamment sur le plan naturel et écologique. 

Développement des infrastructures et nouveaux atouts 

Depuis peu, la région a placé ses attentes de développement autour d'une infrastructure autoroutière moderne ( A71, A75 et A89 ), exploitant la position géographique centrale de Clermont-Ferrand devenant ainsi un important noeud de communication, non seulement au sein du grand Massif Central mais également sur l'échelle du territoire national. Ce potentiel s'est accru avec l'agrandissement et la modernisation de l'aéroport de Clermont-Aulnat, devenu l'un des dix premiers de l'hexagone par l'importance du traffic. 

Forte de ces atouts, la capitale auvergnate a vu, en 1985, l'implantation du pôle CASIMIR dont la vocation est de proposer aux petites et moyennes entreprises un accompagnement et un appui technologique qui donne à l'Auvergne un potentiel conséquent, notamment du point de vue de la recherche. 

Clermont-Ferrand est ainsi devenue une importante ville de services, siège des administrations régionales et d'une importante université. A proximité, le récent parc Vulcania ( centre européen du volcanisme et parc d'attraction à vocation pédagogique ) et le tout nouveau Centre de Congrès en périphérie de la ville, relèvent de cette volonté locale de développement. La construction de la Grande Halle d'Auvergne, près de Cournon d'Auvergne et de Pérignat est venue compléter ce dispositif. 

Des villes en transformation 

Certes, l'Auvergne ne se résume pas à Clermont-Ferrand mais la capitale auvergnate et sa grande banlieue compte près de 400.000 habitants dans une région où toutes les autres villes ne dépassent pas 60.000 âmes, ce qui contribue à en faire le poumon de l'Auvergne. 

Au sein du parc des volcans d'Auvergne, un équilibre interne s'est instauré en cette terre de grands espaces naturels, devenu un lieu de loisirs très prisé pour les populations des villes voisines, privilégiant ainsi une relation étroite entre monts Dôme et plaine de la Limagne. 

Sur tout le territoire auvergnat, les villes connaissent des destinées variables. Moulins, chef-lieu du département de l'Allier, reste une cité essentiellement administrative au coeur d'une vaste région agricole. L'ouverture du Centre National du Costume de scène apportera certainement à cette cité libellisée " ville d'art et d'histoire ", un rayonnement touristique accru. 

Vichy, la reine des stations thermales d'Auvergne, projette la création d'un Bioparc économique et industriel autour du concept élargi de ville d'eau ( pharmacie, biomédical, cosmétique ). 

Le bassin montluçonnnais, reste le centre économique principal du nord de l'Auvergne, ce dernier ayant su, avec une certaine réussite, se tourner vers de nouvelles activités. A Montluçon, les projets urbains se matérialisent autour de la récente cité administrative, de l'important complexe sportif de La Loue, de la modernisation du centre hospitalier et de l'aménagement de zones industrielles et commerciales auxquelles s'ajoute la réalisation d'un contournement autoroutier reliant l'A71 à la RN 145, effectif en 2011, qui permettra à Montluçon et se région de développer davantage encore les atouts de sa situation géographique.

Dans le Puy de Dôme, Thiers, capitale de la coutellerie, connaît un renouveau grâce à ses spécificités. Riom, siège de la cour d'appel, a vu ses emplois industriels doubler, bénéficiant de la dynamique de cette partie nord de la Limagne avec l'implantation de zones d'activités de Ladoux, à proximité des pistes d'essai Michelin.

La dentelle, spécialité et tradition de la Haute-Loire

En Haute-Loire, la ville du Puy en Velay a joint à la dentelle la fabrication du pneumatique géant et celle de pièces pour le TGV. 

Brioude ( Haute-Loire ), Aurillac et Saint-Flour ( Cantal ) vivent de l'agriculture ( foires et marchés ), de l'administration et du tourisme vert, les industries traditionnelles venant ici en comme activités d'appoint. 

Entre ses atouts industriels et son potentiel touristique, l'Auvergne joue la carte de l'équilibre entre villes et campagne, dans une démarche qui lui permettra d'aborder le XXIe siècle naissant sous de bien meilleurs hospices.