Expo Raoul Dufy au musée d’art moderne de Paris, ou : repensons le rapport entre ligne et profondeur

Publié le 09 février 2009 par Jeannoel08

Raoul Dufy a eu du mal à se trouver, mais quand il s’est trouvé, il ne s’est plus beaucoup remis en question.

Jeune havrais, Dufy a d’abord fait dans le fauvisme. Et sa touche se caractérisait par un profondeur intense. Il peignait la mer comme si seule la mer existait, le ciel comme s’il n’y avait pas la mer, et toutes les couleurs comme si l’on elles étaient indépendantes les unes des autres.


Puis, Dufy a découvert Cézanne. Et là il s’est un peu cherché.


Mouaif

Puis il a fait de la gravure.


Puis il a compris qu’il pourrait gagner pas mal de sous avec la gravure en imprimant des tissus.

Mais la gravure a eu un effet bénéfique : c’est qu’il a maîtrisé l’usage de la ligne. Ainsi, il a pu mettre en rapport ligne et profondeur pour créer son style propre : des lignes et des surfaces qui se chevauchent sans se correspondre parfaitement, faisant ainsi naître la transparence, le mouvement, la lumière et le relief.


C’est très joli, Dufy.
Mais c’est peut-être là le problème, c’est qu’une fois qu’il a compris le truc, il a produit selon le même procédé. Parce qu’il a certainement compris qu’il pourrait gagner pas mal de sous avec ce procédé.
L’expo du Musée d’Art Moderne est très riche, les mêmes versions des tableaux y sont présentes dans de nombreuses variations. Mais justement, c’est trop. On voit que Dufy ayant trouvé sa manière, n’y déroge plus beaucoup. On n’en sort pas avec la légère frustration esthétique qui permet la rêverie intellectuelle. On en sort gavé comme une oie avec un foie gras de Dufy.
Et la fresque à la fée électricité pour finir n’arrange rien.


Burp.

Le site consacré à l’artiste est très bien fait. J’y ai pris les images.