Créer, vendre, et aller chercher les enfants à l'école...

Publié le 10 février 2009 par Ruedescreateurs

Loin de moi l'idée de vous expliquer comment concilier vie professionnelle et vie personnelle. Parlons plutôt de votre passion créatrice que vous espérez voir se transformer en petite entreprise pérenne. Aussi, vous avez conscience que créer ne suffit pas: il vous faut vendre. D’ailleurs vous avez déjà investi du temps et des moyens pour cela : un blog, une présence accrue de vos créations et produits sur une ou plusieurs plateformes de vente, votre propre boutique en ligne, etc. Et pour mettre toutes les chances de votre côté vous vous êtes familiarisés bon gré mal gré avec quelques techniques de marketing, la retouche d’images, et autres outils qui vous permettront de vous démarquer. Mais les ventes ne décollent pas. Et même si la crise peut constituer un facteur aggravant et objectif, force est de constater que le chiffre d’affaire mensuel suffit à peine à vous rembourser les matières premières, sans parler des charges fixes qui frappent chaque mois à votre porte. Mais  vous n’êtes pas de nature à vous décourager, d’autant qu’on vous a dit et répété qu’il fallait du temps pour trouver son public et que le pire serait assurément de tout laisser tomber maintenant. Alors vous vous accrochez et redoublez d’efforts : vous observez vos concurrents sur pas moins de quatre ou cinq sites, les prix qu’ils pratiquent, vous baissez les vôtres, offrez des avantages, faites des remises sur les frais d’envoi, travaillez votre packaging, et puis, et puis, flûte ! Il est déjà l’heure d’aller chercher les enfants à l’école. Au bout de quelques semaines de ce rythme effréné, vous êtes passés maître dans la recherche permanente de l’avantage concurrentiel. Et pourtant, le chiffre d’affaire ne récompense toujours pas vos efforts. Pourquoi ?

La recherche de l’avantage concurrentiel implique la recherche permanente de la performance commerciale en termes de prix de vente, de rapport qualité – prix, de rapidité  et d’assistance au client qu’il faut satisfaire à 200%.  Mais si cette activité est nécessaire, elle n’en est pas moins fastidieuse et complexe, notamment sur Internet où il devient très facile de reproduire les meilleures techniques de vente, utiliser à son tour les nouvelles technologies éprouvées par d’autres, comme les meilleures pratiques de relation avec le client. C’est une course sans fin qui risque de vous épuiser, pire, vous décourager définitivement. C’est aussi une affaire de spécialistes et par conséquent une activité qu’il faut mieux déléguer à quelqu’un dont c’est le métier, même s’il vous en coûte un peu au début, et n’en déplaise aux chantres du « tout est possible ». Oui tout est possible, mais à quel prix ?

En tant que créateur, vous avez mieux à faire que de vous improviser en spécialiste du marketing et du benchmarking. Non qu’il faille vous désintéresser de ces questions, ne perdez pas de vue votre vraie priorité : cultiver votre identité de créateur. C’est ce dont nous parlerons dans un prochain billet. En attendant, n’oubliez pas d’aller chercher les enfants à l’école et de passer du temps avec eux.