Pour le plaisir, pas pour les courses

Publié le 13 février 2009 par Cahri Cahri

De plus en plus nombreuses sur l’île, les brocantes sontelles devenues le nouveau mode d’achat des Réunionnais ? Réponse sur la place du marché à Saint-Pierre dimanche dernier.

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Quinze euros les deux jeans, c’est LA bonne affaire de la brocante de Saint-Pierre. Venues du Tampon, de Saint-Leu, de Saint-Louis ou même de Saint-Joseph, des dizaines de personnes affluent autour du petit stand d’Evelyne. « Les gens veulent faire des bonnes affaires », sourit-elle. Nina et son mari ne sont pas passés à coté de cette occasion. « C’est des jeans de bonne qualité, pas cher et neuf ! », s’étonne Nina sans détacher son regard des vêtements.

Crise du pouvoir d’achat oblige, les Réunionnais préféreraient-ils les brocantes aux commerces ?

Pour Sully, vendeur de chaussures, les personnes fréquentent les brocantes pour faire des économies : « Dans le commerce c’est trop cher, ici on peut avoir des parfums, des vêtements de marque à bas prix ! ». Les consommateurs auraient donc changé leurs habitudes d’achat à cause de la flambée des prix ? Pas si sûr…

« On achète rarement »

Johnny, 32 ans, est un adepte des brocantes, il n’en rate pas une seule dans le sud : « Ici, c’est intéressant mais je ne viens pas pour faire mes courses ! » Même constat pour Marie, accompagnée de ses quatre enfants : « C’est avant tout une balade, on achète rarement ». «  Moi c’est pour le plaisir de regarder  ! », souffle Dominique, jeune maman, en entendant la conversation. Pour M. Combeau, le coordonnateur de la brocante, c’est certain, «  il y a eu une forte évolution des brocantes sur l’île mais ce n’est pas dû à la crise financière ». Du côté des vendeurs, le même résultat est constaté, la brocante n’est pas un tremplin contre la crise. Denis est affûteur de profession, pourtant ce dimanche il expose ses anciens vêtements : « C’est avant tout un moyen de faire de la place dans le garage ». Sur son étalage, des dizaines de vêtements pour enfants qui vont de 50 centimes à 2 euros… « Mes enfants sont grands, alors autant que ça profite à quelqu’un d’autre », ajoute-t-il avant de servir un client. Un aspect récup que souligne le coordonnateur de la brocante  : « Les exposants aiment redonner vie à leurs objets ».

Un peu plus loin, Alain propose bijoux, DVD, électroménager et même gâteaux ! « La brocante c’est une ambiance, un échange matériel et humain ! », clame-t-il. Dimanche convivial certes, mais qui ne remplace pas la course aux soldes, débutées depuis deux semaines.

Cindy SADON
Etudiante en journalisme à Info-Com
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