Séance de rattrapage

Par Korril

Car, oui j'ai été un petit peu absent de cet espace numérique, pour cause de boulot, grosse crève, et flemme bien sur !
Du coup, c'est l'heure de faire un petit point sur les sorties que j'ai pu voir et qui méritent, ou pas du tout, d'être vues.
Pour commencer, nous allons parler de deux films :
Che -1ère et 2ème partie : l'Argentin et Guerilla
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec : Benicio Del Toro ... Ernesto Guevara
Demian Bichir ... Fidel Castro
Et tout un tas d'acteurs latinos impeccables (et Matt Damon aussi, mais faut le reconnaitre)

Soderbergh a fait un travail extraordinaire, tant au niveau de la reconstitution, de la retranscription historique, que de la mécanique narrative. Il a évité l'écueil de l'américanisation du récit, avec histoire d'amour, happy end et tout ce qui a fait Pearl Harbor. Exit l'histoire hollywoodienne, Soderbergh décrit un personnage fascinant, sans être fasciné, il passe sur ses histoires de cœur, il survole sa condition physique (il était asmathique) ne l'abordant que quand cela a à voir avec l'intrigue. Les films montrent plus comment on peut renverser un pays, le quotidien de révolutionnaires, la réussite, puis l'échec d'une stratégie de guérilla. En cela, les deux films sont indissociables, L'Argentin décrit la phase de réussite avec la prise de Cuba, avec en fil conducteur pertinent, le discours du Che aux Nations Unies en 1964. Et Guerilla décrit l'échec de cette stratégie, quand elle se heurte à un régime militaire fort. Voir le deuxième indépendamment, casse la dynamique créée par Soderbergh et nous enfonce dans un film beaucoup plus noir et pessimiste, d'où l'on ressort forcément moins joyeux. C'est probablement ce qui a valu au film des critiques plus vives que pour le premier, ça et l'absence de fil conducteur installant un va-et-viens source de respirations, d'aérations dans le film.
En bref, deux très très bons films, portés par des acteurs superbes et qui gagnent beaucoup à être vu à la suite.


Les Noces Rebelles Réalisé par Sam Mendes
Avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Michael Shannon

Je ne vais pas vous mentir, en allant au cinéma j'avais la grande peur de m'ennuyer ferme, la Bande-annonce ne donnait pas du tout envie. Mais j'avais pleinement confiance en Sam Mendes (un des cinéastes américains les plus intéressant), DiCaprio m'a toujours agréablement surpris par la qualité de ses dernières performances et je suis amoureux de Kate Winslet depuis qu'elle a été la Clémentine de The Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Et, en plus des deux partitions exceptionnelles des deux acteurs (Léonardo prend plus d'épaisseur à chaque rôle), le film est d'une finesse et d'une force peu communes. Mendes dresse un portrait délicat d'un couple au bord de l'explosion (comme il aime à le faire, remember American Beauty) dans les années 50, étouffés par l'american way of life, partagés entre le confort et l'aventure, et que va venir bousculer le fils d'un couple d'amis. Personnage très bien joué par Michael Shannon, qui, sous couvert d'une maladie mentale, va assener de cruelles vérités aux héros.
Mendes arrive encore à surprendre, à toucher, à permettre à ses acteurs de se transcender, à nous bouleverser, à nous donner envie d'aller au ciné ! Merci Sam.


Volt, star malgré lui Réalisé par Chris Williams et Byron Howard
Avec les voix de Richard Anconina, Gilles Lellouche, Omar et Fred

Oui, bon.
Il m'arrive aussi d'avoir 12 ans dans ma tête, de me marrer à la vue d'une bande-annonce prometteuse... Et de ma faire chier dans une salle de ciné. Passons sur l'histoire pathétique du film, qui ressemble à 90% des films d'animations actuels. Passons aussi sur la grande nouveauté de la 3D avec lunettes et tout le tintouin, vu que la presse ne précise pas quelles séances sont en projection normales ou 3D, je me suis loupé. Reste, comme d'habitude, quelques scènes d'action de haute volée, deux ou trois personnages secondaires très très drôles et une animation toujours meilleure. Mais on n'échappe pas à la chanson niaiseuse, qui tombe comme un cheveu sur la soupe et atteint des sommets de stupidité ("Un chien, un chat et un rongeur ! C'est la recette du bonheur !" merci Disney pour cette fracassante révélation).
Encore un divertissement de bas-étage pour enfants, qui n'est ni plus ni moins qu'une campagne pour la promotion du merchandising.


L'Etrange histoire de Benjamin Button
Réalisé par David Fincher
Avec Brad Pitt, Cate Blanchett

Le poid lourd de ces dernières semaines, c'est le retour du duo béni : Fincher-Pitt. Ils reviennent avec une histoire folle, tirée d'une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, elle-même inspirée d'une pensée de Mark Twain : Un homme rajeunit au lieu de vieillir.
Débauches d'effets spéciaux extraordinaires au service d'une histoire à la Forest Gump (normal c'est le même scénariste), 2h35 de film pour une romance impossible sur laquelle passe la grande Histoire, deux acteurs glamour, une réalisation moins tape à l'œil qu'à l'habitude pour Fincher, le tout pour un très beau film. Une vrai machine à Oscar, qui aurait peut-être gagné en force et en énergie si elle avait été un peu réduite en temps. Reste une reconstitution vivante (écueil qui pêchait dans L'échange par exemple) des images superbes, des effets bluffant et une romance efficace.

Voilà, du nouveau très vite !
Hasta la vista.


ps : The Sweet Fairy, si je ne poste pas si souvent, j'essaie de mettre à jour le plus souvent possible ma liste des films à voir ("Allez-y de ma part" sur la colonne de gauche). Tu vois que je ne vous laisse pas seule dans la jungle des sorties !
ps 2 : J'ai oublié de vous parler de Choke... Je le ferai quand je vous parlerai de Brendan, qui est superbe !