Chat philosophe

Publié le 19 février 2009 par Galaxiedesparadoxes@orange.fr

[Parution in Journal du Jeune Praticien n°349 du 1er novembre 1995]

On doit au dessinateur humoristique Philippe Geluck (InfoMatin, 20/09/1995) une nouvelle mouture d’un vieux paradoxe (dit « de Socrate et Platon »), constituant lui-même un avatar du célèbre paradoxe d’Épiménide-le-Crétois-menteur (« Je mens ») dont la boucle indécidable et tortueuse servit de paradigme à Gregory Bateson pour fonder l’école de psychopathologie de Palo Alto où le flambeau fut repris notamment par Paul Watzlawick. Rappelons une formulation classique du paradoxe de Socrate et Platon, dans ce dialogue entre les deux philosophes :
Platon : – Le propos suivant de Socrate est vrai !
Socrate : – Platon ment ! Intitulée Le Fils du Chat, la version de Philippe Geluck offre l’intérêt supplémentaire d’introduire un proverbe, faussement anodin, renforçant la conviction de véracité… et donc l’aporie : « Le Chat : – La vérité sort de la bouche des enfants. Le Fils du Chat : – C’est faux, la vérité ne sort absolument pas de la bouche des enfants ! Le Chat : – Si ce que j’ai dit est vrai, ce qu’il dit est la vérité ! »