Bien moins à cheval sur les règles….quand ça les arrange !

Publié le 04 mars 2009 par Enzodaviolo

Amusant de constater à quel point l’Europe libérale de Bruxelles est bien moins regardante sur la dépense publique en période de débandade économique que lorsque, sure de son fait, elle dicte les règles à suivre pour le fonctionnement d’une économie saine.

Cette souplesse providentielle partagée par tous les libéraux dirigeants des pays européens développés est à la hauteur des étendards encore brandis il y a peu pour fustiger l’inconscience de ceux qui exprimaient l’importance du rôle de la dépense publique dans le développement économique et social, pour les réduire à de vils responsables de l’endettement de générations futures.

Tous ces donneurs de leçons, qu’ils soient économiste, politiques, journalistes, qui désormais vantent (et encore, de façon bien trop frileuse) le principe de la relance par l’investissement ,robinet grand ouvert, et qui dans un passé très récent attisaient les peurs avec des slogans du type « l’Etat est ruiné » ou « les caisses sont vides » pour éviter de satisfaire les justes revendications d’un partage équitable des richesses produites, valorisent désormais l’action inverse de ce qu’ils prônaient, justifiant la dérive des dépenses publiques comme inéluctable pour sauver l’économie.

Foutaise bien entendu que de tels agissements.

D’une part, comment peux-t-on encore croire que c’est le rétablissement de l’intérêt général qui guiderait l’action de tels idéologues de pacotille ? Il est bien évident que seule la défense et la préservation des intérêts des plus aisés est une fois de plus la motivation première d’un tel retournement de veste.

D’autre part, l’action menée en France est la preuve évidente d’une action qui ne croit pas à ce qu’elle fait. Cette façon de faire de la relance sans s’assurer de l’efficacité des dépenses engagées en ne prenant aucun rôle décisionnaire dans l’économique, en n’imposant que des contre-partie à minima prévue essentiellement pour éviter l’écœurement de l’opinion publique, est symptomatique de ceux qui ont le cul entre deux chaises, celle de l’idéologie et celle du pragmatisme contraint.

  

Il est bien évident que non seulement relance il y aurait du avoir depuis bien longtemps, notamment en période de croissance soutenue, mais qu’en outre celle qui est actuellement menée omet volontairement un pan entier de l’économie, celui qui n’a que peu d’importance pour les libéraux en tout genre, celui du travailleur, du salarié, en clair de l’humain, dernier maillon du système qui doit subir encore et toujours quelle que soit la situation économique, et dont les libéraux considèrent qu’il est moins efficace de rétribuer les efforts que de renflouer les banques et autres grosses industries.

La supercherie est de plus en plus flagrante, surtout désormais aux yeux de ceux qui n’ont pas forcément de vision globale de l’économique, mais qui voient bien à leur dépend dans leur quotidien, à quel point les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Le désenchantement est alors d’autant plus grand.