Comment Couchepin nous met la pastille

Publié le 06 mars 2009 par Kalvin Whiteoak

On connaissait son flair, pour ne pas dire son pif … pour débusquer  les pratiques médicales soi disant trop onéreuses. On sait aussi son sens aigu de la protection des caisses maladie et des industries pharmaceutiques suisses. On ne peut quand même pas cracher dans la soupe quand on est conseiller fédéral originaire de la même localité qu’un des groupes d’assurance les plus agressifs sur le “marché”.

On aura aussi tous en mémoire ses grandes envolées même pas lyriques sur la réduction des coûts de la santé : une impérieuse nécessité, un devoir citoyen, etc.

On sait aussi que le marché du médicament en Suisse est complètement faussé par des décisions politiques et sous le contrôle d’un “machin” qui s’appelle Swissmedic et qui est à la solde constante des industries pharmaceutiques.

Et voici un petit exemple de traitement du “bon” docteur Couchepin.

Prenez un anti-inflammatoire de la maison Pfizer, le Ponstan, que beaucoup connaissent au moins de nom. Vieux médicament qui a encore une marque déposée mais dont le principe actif est libre de brevet, tant il a usé le portemonnaie du malade et son estomac …

En catimini, au milieu d’un fouillis de publications toutes plus indigestes les unes que les autres, on trouve à l’équivalent du journal officiel de Swissmedic une publication datant de juillet 2008 pour renouveler jusqu’au 25 novembre 2009 l’autorisation d’exploitation de ce médicament. En lisant les petites lettres, comme dans les contrats d’assurance, on s’aperçoit que le conditionnement qui sera en vente depuis la fin 2008 va légèrement changer. Sous rubrique 063 100 B, la grande boîte de Ponstan de 120 comprimés disparaît, comme par désenchantement pour faire place à une grande boîte ne contenant plus que 100 comprimés.

Jusque là, rien que de très banal, puisque dans cette publication aucune indication ne figure sur les prix officiels de ces deux conditionnements.

Il aura donc fallu passer l’an 2009 pour voir en quoi, en pleine crise et pour un médicament totalement amorti, les services de Couchepin se préoccupent plutôt des bénéfices des pharmas et des caisses que du portemonnaie du patient et du coût de la santé publique.

La boîte de 120 comprimés affichait le prix officiel … remboursé à 90 % par ces chères caisses que nous payons de Fr. 40.35. Quant au nouveau conditionnement de 100 comprimés, il “ne coûte” que Fr. 36.35.

Si l’on se prend à faire fonctionner une calculette, on s’aperçoit de façon relativement aisée que le nombre de comprimés a diminué de 20 unités ce qui représente un pourcentage de 16.67 %. Bien. Regardons donc du côté du prix, qui lui baisse de Fr. 4.–, soit de … 9.94 %.

Comparons maintenant nos pourcentages : pour 16.67 % de pastilles en moins, on paye quand même 9.94 % de moins, soit une hausse cachée de prix entre décembre 2008 et janvier 2009 de 6.73%, totalement injustifiée et injustifiable, et cachée dans le packaging ….

Voici un exemple de la façon de travailler du brave ministre et de ses services. Il faut limer les coûts, mais augmenter en douceur des médicaments vache à lait.

Un exemple qu’on va transmettre au surveillant des prix pour qu’il prenne position. En attendant, prenons donc avec une retenue voire une méfiance accrue les éructations du ministre de la santé, dans quelque domaine que ce soit.

Car il est à lui tout seul une sorte d’emballage qui trompe sur le contenu.

PS: pour ceux qui ne croient que ce qu’ils touchent, la livraison téléchargeable en pdf du “Journal Swissmedic” de juillet 2008 (le Ponstan est à la page 534)

Billet du blog ouVertures.info, une autre lecture de l'info. Reproduction selon conditions.

Comment Couchepin nous met la pastille


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