«l’antisèche» sur internet… ou la triche «payante» !

Publié le 06 mars 2009 par Kamizole

Je ne saurais dire si cela «paiera» à tous les coups… en termes de résultats scolaires… Parce que tricher ou se faire aider, à la maison ou sur un site internet, c’est une chose, reproduire la même performance pour un devoir sur table et a fortiori le jour d’un exam, c’est une autre paire de manche !

Quoiqu’il en soit, je n’ai même pas été surprise de voir plusieurs articles consacrés à ce sujet… Nous vivons à l’heure du marché et des margoulins, lesquels sont toujours à l’affût dès qu’il y a de l’oseille à se faire.

Comme le dit Stéphane Boukris, le promoteur du site : «S’il y a une demande, c’est qu’il y a un marché»… tiens, donc ! Je n’y aurais même pas pensé toute seule… Rien d’étonnant d’apprendre qu’il sort d’une école de commerce : chez ces gens-là, tout est marché : payant !

Il y a plus de 15 ans que je subodore qu’un jour ils poursuivront en justice pour «concurrence déloyale» les associations bénévoles de soutien scolaire voire les particuliers qui aideraient les enfants des amis ou du voisinage. Nul doute que dans la même foulée ils ne poursuivent, «papier bleu» à la main, les sites de soutien gratuit.

C’est la logique même des choses quand toute «demande» devient systématiquement objet de commerce. C’est la loi, non pas «du marché» en soi – qui a toujours existé, fût-ce sous la forme du troc - mais bien de la «société de marché» totalement axée sur les échanges sonnants et trébuchants : plus rien ne doit échapper au commerce. Le mot même de «gratuité» est devenu une incongruité, pire encore que de péter ou roter à table !

Il leur faudra être sacrément «gosse de riche» pour se permettre de «coincer la bulle» pendant que les enseignants – improvisés – sueront sang et eau sur les «colles» qui leur seront soumises.

Pensez donc : 5 euros l’exercice simple ! Les tarifs se corsant en fonction de la difficulté : 10 € le plan détaillé de dissertation d’histoire et jusqu’à 80 euros ! ais-je lu dans le Monde pour «Un exposé complexe comprenant une dizaine de pages et de quoi tenir trente minutes à l’oral»… encore leur faudra-t-il s’en souvenir et avoir bien compris le sujet !

J’ai passé pas mal d’oraux dans ma vie, qu’ils soient de culture générale ou dans des matières plus techniques, juridiques ou autres mais il m’a semblé nettement plus formateur de m’y préparer consciencieusement et sans doute laborieusement.

Le plus souvent en faisant des fiches le plus synthétiques possible (très bonne manière de réviser au demeurant). Il faut croire que ma méthode avait du bon parce que j’arrive à faire remonter des méandres de ma mémoire nombre de souvenirs parfois certes ténus dont je parviens ensuite à retrouver le fil en faisant des recherches.

C’est tout autant emblématique de notre époque : la notion d’effort pour apprendre à l’école est devenue une incongruité. «L’école sans peine» ou la nouvelle «méthode à Mimile»… C’était déjà fort explicite dans les réformes envisagées par l’inepte «mammouth» - Claude Allègre. Le collège et le lycée conçu comme «lieux de vie» mais aucunement comme lieu de travail ! Il suffit de consulter d’anciens manuels scolaires sur nombre de matières.

Comment faisaient les anciennes générations pour apprendre tant de choses, aux mêmes âges ? Il n’est point étonnant qu’ils aient été autrement cultivés. Que pourra-t-il rester demain dans ces têtes pleines de vent?… sinon un «décervelage» leur permettant de vendre leur «temps de cerveau disponible».

Les lycées ou collégiens qui voudront s’assurer les services de «faismesdevoirs.com» - rien que le titre est une invitation au moindre effort ! mais je doute que Paul Lafargue ait eu en vue pareille entreprise en rédigeant son «Droit à la paresse» ! – devront casser leur tire-lire ou faire appel à la générosité de leurs parents.

Il est prévu des cartes spéciales (pour l’instant uniquement à Paris et Versailles), des communications surtaxées sur téléphones mobiles – qui paiera la note en fin de mois ? – ou, ais-je lu, la carte bleue ou le compte Paypal de papa-maman. S’ils veulent bien donner leurs codes à leurs rejetons. ! Perso, je n’aurais aucune confiance…

Comme il se doit à notre époque où l’on prétend tout noter – concurrence oblige ! - les élèves noteront donc les profs qui les auront aidés… Leur rémunération en dépendra. Sans doute après qu’on aura rendu les copies… Si les élèves n’ont pas obtenu la note qu’ils espéraient, cela fera du grabuge !

Cela ne risque-t-il pas de se produire au collège et au lycée si les profs sont surpris voire agacés de voir un parfait cancre rendre soudain des copies parfaites mais sécher lamentablement au tableau ?

Je ne pense pas que les enseignants se laissent facilement abuser. J’ai le souvenir d’une prof de droit constitutionnel qui nous avaient mis en garde en 1ère année de droit, dès son premier cours : elle et les chargés de TD connaissaient tous les plans proposés sur les différents aide-mémoire… Nous pouvions donc nous en inspirer – ce qui est formateur - mais d’aucune façon les reproduire tels quels : zéro garanti !

SOURCES

Marre des devoirs ? Achetez les solutions sur Internet !
LE MONDE | 04.03.09 ©

Le Figaro

Un site qui fait les devoirs à la place des élèves

Le Point

“Faismesdevoirs.com” : la polémique enfle